Les regards se sont détournés d’eux depuis qu’ils ne font plus l’actualité. La destruction de leurs maisons les a plongés dans une grande précarité, d’où ils peinent toujours à sortir. Pour en parler, quelques familles nous ont accueillis dans ce qui leur sert d’abri, un soir de la semaine dernière. Entre colère, tristesse et angoisse, ils essaient difficilement de faire face…
20h. L’heure des bavardages pour les adultes. Certains ont eu la chance de manger chez des proches, mais d’autres iront dormir le ventre vide, faute d’argent. Sous des tentes improvisées à l’aide de draps et autres matériaux, quelques enfants en bas âge trouvent refuge, pris de court par la pluie. Ils s’amusent, pendant qu’une fillette de deux ans s’allonge sur un morceau d’éponge qui sert de matelas. Ils ne sont pas conscients de ce qui s’est passé et ne sont pas inquiets de savoir de quoi sera fait demain.
Plus loin, à la rue Marjolin à Cité La Cure, quatre femmes sont assises en plein air. Elles vivent devant une maisonnette appartenant à une résidente du quartier. Elles y resteront jusqu’à ce qu’elles trouvent autre chose. Comme chaque matin depuis le jeudi 6 mars, les policiers sont passés, “e inn get dan zar”. Alors que la plupart des squatters de Cité La Cure se trouvent à la gare de la localité pour de longues parties de cartes et de dominos, histoire de se changer les idées, les quatre femmes racontent pour la énième fois leur calvaire.