Une partie des familles rencontrées sur le terrain dit Kaliptis. Elles sont déterminées disent-elles, à s’y installer parce qu’elles n’ont pas le choix

Certaines familles affirment qu’elles ont eu le mot d’ordre d’occuper  les lieux pendant la période des élections générales.

Un bras de fer s’annonce entre les familles déterminées à prendre d’assaut ce vaste terrain qui longe la côte et la société privée qui en aurait le bail.

“Nous sommes environ 200 foyers répartis dans la région, allant de Grande-Rivière-Noire à Case-Noyale qui n’ont pas de maison et qui vivent dans des conditions difficiles. Ces familles se retrouvent dans la précarité parce que le logement est un problème qui n’a jamais été résolu par les autorités. Entre-temps il y a des morcellements cossus qui poussent autour de nous”, explique Emmanuel Hipolyte, père de famille.

Des lots de 7 perches

Ce dernier, qui est le porte-parole des familles, prépare une pétition pour dénoncer la crise de logement dans cette partie du pays et qui sera déposée au ministère concerné, à la police et au Citizen Advice Bureau de la région.

Les familles se sont attribué des lots de 7 perches respectivement. Elles se sont donné rendez-vous sur les lieux ce matin pour défricher leur parcelle. Des familles rencontrées sur place, hier après-midi, nous ont expliqué qu’elles sont déterminées à construire des habitations en tôle, malgré l’absence de connexion à l’eau et l’électricité. Leur démarche, expliquent-elles, vise à interpeller les autorités, leurs futurs députés et le prochain gouvernement sur leur situation.

Après avoir pris connaissance d’un mouvement pour occuper illégalement le terrain, des représentants de la compagnie, locataire des lieux, ont coupé les fils de démarcation. Mais cette action de leur part n’aurait abouti à rien. La police est même intervenue.

C’est un bras de fer qui s’annonce entre les familles déterminées à prendre d’assaut ce vaste terrain qui longe la côte et la société privée qui en a le bail.

Bras de fer en vue

Selon Emmanuel Hipolyte, celle-ci n’a pas pu convaincre les familles sur la légitimité de ses droits. “Zot inn prezant mwa enn papie ek enn plan ki pena okenn stamp lor-la. Zot pena okenn dokiman ofisiel pou dir ki zot ena drwa lor sa terin-la. Zame zot inn okip li”, avance-t-il.

Tandis que certaines familles affirment qu’elles ont eu le mot d’ordre d’occuper les lieux pendant la période des élections générales, Emmanuel Hipolyte précise que ce n’est pas le cas, Mais, ajoute-t-il, “nous avons expliqué notre problème de logement à tous les candidats qui étaient présents ici pendant la campagne électorale. Ils ont tous reconnu la gravité de notre situation. M. Alan Ganoo, lui, nous a dit qu’il ferait de son mieux pour nous trouver une solution”.

Mot d’ordre ou pas

Nous avons essayé, en vain, de contacter Alan Ganoo, le prochain député de la circonscription, pour une déclaration sur cette affaire qui pourrait prendre de l’ampleur.