En tournée actuellement dans l’océan Indien, le Premier ministre indien quittera Maurice après les célébrations de l’Indépendance. Samedi, il se rendra dans le nord du Sri Lanka, une première pour un chef de l’exécutif indien dans cette région.
Narendra Modi sera le premier chef de l’exécutif indien à se rendre samedi dans le nord du Sri Lanka, région à majorité tamoule qui a été dévastée par la guerre, un message fort en faveur de la réconciliation adressé au nouveau gouvernement. La première visite officielle de Modi au Sri Lanka intervient quelques semaines après le déplacement en Inde du nouveau président sri-lankais qui a montré sa volonté d’apaiser les relations avec son grand voisin.
Le prédécesseur du président Maithripala Sirisena, Mahinda Rajapakse, avait favorisé un rapprochement avec la Chine, grand rival de l’Inde dans la région. La visite de Modi s’inscrit dans le cadre d’une tournée des nations de l’océan Indien qui devait le mener aux Seychelles et à Maurice, mais pas aux Maldives, en proie à une crise politique depuis l’arrestation de l’ancien président Mohamed Nasheed. « L’intention est bien évidemment de renforcer nos liens avec le Sri Lanka et cela passe par de nombreux aspects car nous avons une relation vaste et substantielle avec ce voisin », a dit le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, S. Jaishankar, à New Delhi. « Politiquement, nous voulons promouvoir et encourager le processus de réconciliation, soutenir la démocratie et les réformes. »
Les deux pays discuteront des moyens de ramener les 100 000 réfugiés tamouls qui vivent toujours dans le Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, dans leur pays avec « honneur, dignité et sécurité », a dit le responsable indien. Ils avaient fui leur pays au plus fort de la guerre entre les forces sri-lankaises et les séparatistes tamouls, écrasés dans le sang en 2009. Ce conflit a fait quelque 100 000 victimes civiles.
L’ancien président Rajapakse a été incapable de mener le processus de réconciliation, en particulier dans la province de Jaffna à majorité tamoule resté très militarisée, et s’est attiré les critiques de la communauté internationale sur la question des droits de l’homme. Modi se rendra à Jaffna samedi au lendemain d’un discours devant le parlement sri-lankais à Colombo.
Il sera seulement le second dirigeant étranger à se rendre à Jaffna après la visite du Premier ministre britannique David Cameron en novembre 2013. « Pour la première fois en dix ans, la volonté de paix et de réconciliation au sein du Sri Lanka est forte et même plus forte que la capacité ou le désir de l’Inde de promouvoir une solution », a estimé le commentateur politique indien Siddharth Varadarajan. « Modi va probablement encourager le gouvernement et les dirigeants de TNA (Tamil National Alliance) à aller de l’avant. »
Les troupes indiennes se sont retirées du Sri Lanka en mars 1990 après s’être déployées pendant 32 mois dans le nord et l’est du pays, perdant 1 140 soldats en tentant de s’interposer. La visite de Modi devrait également largement porter sur le renforcement des échanges et investissements entre les deux pays. Le nouveau président sri-lankais a ordonné une revue des investissements en infrastructure financés par la Chine afin de réduire l’emprise chinoise.