Dans le dessein de marquer d’une empreinte indélébile la 120e année de son cheminement (1893-2013), l’école St Jean Baptiste de la Salle RCA a été, cette année-ci, et sous la conduite de sa direction, le lieu privilégié d’une suite d’activités commémoratives imprégnées d’allégresse et d’esprit de convivialité. Celles-ci ont amplement mis en exergue le fait qu’il s’agit, dans la forme comme dans le fond, d’un patrimoine éducatif et architectural gracieusement offert à toute la société mauricienne par l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes.
Implantée dans l’environnement immédiat du Champ-de-Mars, à l’angle des rues d’Estaing et Pope Hennessy, l’école est installée dans un bâtiment dont le corps principal est en pierres taillées et dont la forme est façonnée dans un style colonial. L’édifice est d’ailleurs classifié par l’État mauricien dans la catégorie de ceux qui font partie de notre patrimoine architectural au niveau national.
L’Histoire, sous la plume de Mgr Nagapen, nous apprend que l’école en question a pris naissance en 1868, mais, à cette époque, elle était connue sous l’appellation de « Collège St Louis », qui était tenu par la Congrégation des Pères du St Esprit. Chemin faisant, survint le cyclone de 1892 qui rasa les deux grandes ailes du bâtiment. En 1893, sur le même site, émergea l’école que nous connaissons sous son nom actuel, et qui était sous la direction des Frères des Écoles Chrétiennes.
L’actuelle directrice, Edwige Yagapen, nous déclare : « Je suis à la tête d’une école qui porte un nom glorieux, celui de St Jean Baptiste de la Salle, qui a été un fin pédagogue du 17e siècle et qui, de surcroît, est le fondateur de l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes. Cet homme a été un précurseur dans le domaine de l’éducation puisque déjà à son époque, il préconisait la langue maternelle comme principal médium d’enseignement et il disait aussi que l’enseignement doit viser la formation intégrale de l’être. D’ailleurs, il favorisait l’inclusion de matières dites extrascolaires comme la musique et les arts dans le programme de l’école. Ce sont des choses extraordinaires, d’où ma vénération pour ce saint homme. »
Dans le cadre de la célébration, les activités suivantes y ont été exécutées de main de maître dans une ambiance de liesse : 1) La célébration d’une messe d’action de grâce conjointement par Mgr Maurice Piat et le père Michel Moura, messe qui a réuni les membres de toutes les composantes de la grande famille de l’école en sus de quelques invités de marque ; 2) une exposition retraçant les grandes étapes de la vie de l’école ; 3) l’inauguration de la salle de lecture, fraîchement rénovée ; 4) la mise en terre de trois plantes endémiques en guise de symbole ; 5) le lancement d’un magazine souvenir ; 6) la composition de l’hymne de l’école.
Jean Baptiste de la Salle est né à Reims, en France, en 1651 et il entra dans les ordres à l’âge de 16 ans. Par la suite, durant son apostolat, il sera amené à fonder l’Institut en question en vue de donner de l’éducation aux pauvres, qui, à cette époque, étaient malheureusement abandonnés à leur triste sort. Il décéda en 1719 et sa canonisation a eu lieu en 1900. Jusqu’à présent, les religieux de cet Institut sont présents dans le monde de l’éducation aux quatre coins du globe terrestre.
Les frères de l’Institut sont arrivés à Maurice en 1859 et ils y demeurèrent jusqu’en 1990, année où ils quittèrent l’île pour aller s’installer sous d’autres cieux. Durant leur cheminement sur le sol local, outre le fait d’avoir été des éducateurs, ils ont fondé cinq écoles primaires, y compris l’école précitée, en sus de trois écoles secondaires.
Une année particulièrement réussie

Cette école a été dirigée de 1893 à 1919 par un Mauricien en la personne du frère Félix de Valois. En 1948 les laïcs y furent installés à la direction. En 1949, l’école devint mixte en accueillant ses premières filles ; avant cette date, elle n’était réservée qu’aux garçons. Autre fait notable : en 1997 y furent achevés les travaux de rénovation de l’ancien bâtiment et ceux de la construction de huit nouvelles salles de classe, le tout au coût de Rs 15 millions. En conséquence, cette année-là, l’école fut inaugurée pour la deuxième fois de son histoire.
La directrice, Mme Yagapen, poursuit : « L’esprit lassalien, qui préconise la formation intégrale de l’élève, est toujours notre source d’inspiration. Notre institution est équipée d’un laboratoire de science et d’une bibliothèque qui est conçue de telle manière à pouvoir être également utilisée comme une salle audiovisuelle. Cette année-ci, faute d’avoir réussi à trouver un stade à proximité de notre école, nous n’avons pas hésité à emmener nos écoliers au stade Germain Commarmond, à Bambous, pour le déroulement de notre Journée sportive annuelle ».
Autant dire que 2013 a été une année particulièrement réussie pour l’école puisque, outre l’accomplissement heureux des différentes activités susmentionnées, celle-ci s’est fait remarquer sur le plan national en deux occasions successives. D’abord, lors du concours Science Adventure organisé annuellement par le Rajiv Gandhi Science Centre et dont le thème, cette année-ci, « Our marine ecosystem : it’s my concern », n’a pas été facile à cerner pour les écoliers de la classe de Cinquième, les destinataires.
L’assistant directeur, Jean-Noël Korin : « Nous avons sélectionné quelques élèves et nous avons réussi à créer un déclic dans leur esprit par rapport au thème en question. Ensuite, nous les avons fait visiter différents types de sites le long de la côte afin qu’ils arrivent par eux-mêmes à faire la différence entre un environnement pollué et un environnement sain. Sur chaque site nous avons pris des photos qui furent par la suite exposées au Rajiv Gandhi Science Centre. En outre, nos élèves ont eu à se livrer à une analyse du sujet devant les membres du jury. Finalement, le premier prix nous a été décerné. »
Ensuite, lors de la compétition sportive Kids Athletics, qui se tient annuellement sous l’égide du ministère de l’Éducation, et qui cette année-ci a eu lieu au stade Maryse Justin, l’école a été déclarée championne après avoir remporté la majorité des épreuves au programme.
Les élèves de l’école, en général, malgré leur jeune âge, sont pleinement conscients de la valeur hautement symbolique de toutes les activités qui s’y sont déroulées dans le cadre de la célébration de son 120e anniversaire.