La Banque de Maurice demande aux institutions financières de faire montre de prudence dans l’octroi des crédits aux ménages cela en dépit du fait que pour la première fois depuis la crise financière globale de 2008, le niveau d’endettement des ménages a baissé au cours du premier trimestre 2015. Dans le dernier Financial Stability Report en date d’août 2015, la BoM réclame également une plus grande vigilance et un suivi constant de la part des banques concernant l’évolution des crédits aux entreprises surtout dans les secteurs concernés par des niveaux élevés de créances douteuses. Les autorités bancaires disent avoir noté une érosion des provisions faites par les banques pour les créances douteuses, une situation « viewed as a concern for financial stability ».
Passant en revue les données concernant l’endettement des ménages, la BoM rapporte que la croissance des crédits offerts par les banques a diminué entre le dernier trimestre 2014 et le premier trimestre 2015. Le taux des crédits aux ménages n’a progressé que d’environ 5 % par rapport à 10 % pendant les six mois précédents. « La baisse sensible dans les crédits de consommation a contribué grandement au repli des crédits des ménages alors que les crédits pour la construction de logements se sont stabilités », indique la banque centrale. Les crédits logements représentaient à la fin du premier trimestre 2015 environ 62 % des crédits totaux aux ménages, les 38 % restants représentant les crédits de consommation. Le ratio d’endettement des ménages (calculé sur la base des crédits bancaires exclusivement) en pourcentage des crédits totaux qui leur sont accordés est passé de 53,7 % en mars 2014 à 51,4 % en mars 2015.
Si l’on tient en compte les crédits octroyés par d’autres institutions (dont les compagnies d’assurance), le taux s’élevait à 76,8 % en mars 2015 contre 78 % une année auparavant. Malgré ce repli, la BoM lance une mise en garde : « Nothwithstanding the recent decline in household indebtedness ratios, prudence should be exercised, taking into account past high credit expansion in a low interest rate environment. » Pour la banque centrale, il y a des risques que les ménages ne contractent d’autres emprunts dans une situation marquée par l’excès de liquidités dans le circuit bancaire, les banques se livrant à une rude compétition pour gagner de nouveaux clients. De plus, la baisse des taux d’intérêt sur les ventes à tempérament peut inciter les ménages à avoir recours à de nouvelles facilités de crédits. « Surveillance is therefore warranted for timely identification of emerging pockets of vulnerabilities in the household sector », affirme la BoM.