La décision prise en août 2015 par le Fonds monétaire international (FMI) d’inclure le renminbi (RMB), la monnaie de la République Populaire de Chine, dans son panier des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) – mesure qui sera effective à partir du 1er octobre 2016 – va contribuer davantage à l’internationalisation et à l’utilisation de la monnaie chinoise pour le règlement des transactions commerciales et l’investissement. Ces développements ouvrent de nouvelles opportunités pour Maurice. « Le pays peut légitiment aspirer à devenir un « Trading Hub » régional pour les opérations en RMB », souligne-t-on dans les milieux de la Standard Chartered Bank qui a consacré, hier, à l’hôtel Le Labourdonnais, son premier business forum 2016 à l’internationalisation du RMB et aux possibilités offertes à Maurice en tant que centre financier régional.
La Standard Chartered Bank a fait appel à des experts dont son Head Renminbi Solutions, Corporate and Institutional Clients, Carmen Ling, et des professionnels du secteur des services financiers mauricien pour animer ce forum devant un parterre composé, entre autres, de représentants du monde bancaire, d’opérateurs du secteur du global business et de firmes comptables. L’internationalisation du RMB, a souligné Mathieu Mandeng, CEO de la Standard Chartered Bank, est et sera bénéfique aux opérateurs économiques. « Son inclusion dans le panier des DTS du FMI témoigne du fort potentiel de la monnaie chinoise », a-t-il déclaré. Le CEO de la banque s’est référé aux emerging corridors dont celui entre la Chine et l’Afrique. « Ayant des liens historiques et culturels solides avec la Chine, Maurice peut aspirer à devenir un RMB Trading Hub pour l’Afrique », a-t-il observé, ajoutant que la Standard Chartered, au vu de sa longue présence sur le continent africain et son implication dans le développement de l’économie mauricienne, est prête à accompagner le pays dans son positionnement en tant que hub régional.
Du côté des services économiques et commerciaux de l’ambassade de Chine à Maurice, on est d’avis que Maurice a la capacité de devenir une plateforme de règlement des transactions en RMB. La responsable de ces services, Xie Yajing, s’est appesantie sur le fait qu’il y a plusieurs banques locales qui ont mis en place des structures pour faciliter des opérations en RMB. Xie Yajing a fait ressortir que le RMB est devenu fin 2014 la deuxième devise la plus utilisée au niveau mondial, la Chine s’étant imposée comme le premier pays en termes de transactions commerciales. Les autorités chinoises, a-t-elle poursuivi, ont su maintenir la stabilité de la monnaie depuis la crise financière internationale. Xie Yajing a indiqué que plusieurs pays d’Afrique (Kenya, Nigeria, Ghana, entre autres) ont inclus le RMB dans leurs réserves nationales.
Carmen Ling est d’opinion qu’il devrait y avoir un engagement ferme des banques centrales pour assurer que le RMB devienne une monnaie de référence pour les transactions commerciales aussi bien que pour l’investissement. Elle a parlé des développements au niveau du marché des capitaux, en particulier du marché des devises en Chine et des possibilités qui sont offertes tant aux opérateurs commerciaux qu’aux investisseurs. Elle a aussi évoqué les facilités d’accès à des financements en RMB et aux opportunités d’investissement dans les obligations libellées en RMB. « Le marché obligataire est le troisième plus important au monde », a-t-elle rappelé.
Carmen Ling est d’avis que la monnaie chinoise sera sous pression pendant le premier trimestre 2016 mais que la situation se stabilisera par la suite. Pour ce qui est de la situation macroéconomique en Chine, elle a indiqué que la croissance devrait demeurer supérieure à plus de 6,5 %. La Chine, a-t-elle observé, représente environ 15 % du Produit intérieur brut mondial et sa croissance contribue pour environ 25 % de la croissance mondiale.
Un panel regroupant Carmen Ling, Harvesh Seegoolam, CEO de la Financial Services Promotion Agency (FSPA), et Jimmy Wong Yuen Tien, Managing Director de DTOS Limited, une management company opérant dans le secteur du Global Business, est ensuite intervenu pour évoquer le rôle que Maurice peut jouer dans le cadre de l’internationalisation du RMB. Animée par Julian Kent, Head Corporate and Institutional Clients, Standard Chartered Mauritius, la session a permis aux participants de réaffirmer que Maurice a la capacité de s’imposer comme une plateforme de choix régionale pour faciliter les transactions en RMB. Déjà, des entreprises chinoises, incorporées dans le secteur du Global business, font des opérations en Afrique. « Les résultats sont positifs », a commenté Jimmy Wong alors que Carmen Ling a déclaré qu’il y a des efforts à faire pour inciter des institutions de développement outremer de la Chine à se tourner vers l’Afrique.