« C’est le PTr-MMM qui va mettre le MSM dans la poubelle de l’histoire », a affirmé Navin Ramgoolam à Stanley, mercredi. « Read my lips : tant que je serai leader du PTr, je ne veux pas entendre parler du MSM », devait-il même préciser. C’était à l’occasion d’un congrès nocturne de l’alliance de l’Unité et de la Modernité dans la circonscription du leader du MMM, Paul Bérenger.
Navin Ramgoolam devait citer l’élection en janvier 1995 de Paul Bérenger et de feu Burty David, candidats de l’alliance PTr-MMM d’alors, pour dire sa foi dans la discipline de vote tant de l’électorat du PTr que de celui du MMM. Il rappelle aussi comment après l’écrasante victoire du MMM dans les cinq villes aux municipales de 1985, sir Anerood Jugnauth, en dépit de la défaite du MSM, avait quand même prétendu avoir à cette occasion « mis le PTr dans la poubelle de l’histoire ».
Le leader des rouges a assuré que, même si pendant 17 ans le PTr et le MMM ont eu des différends, l’amitié le liant à Paul Bérenger est demeurée intacte. Parlant de justice sociale, Navin Ramgoolam devait soutenir que ce n’est pas un hasard si le PTr et le MMM sont les deux seuls partis mauriciens membres de l’International Socialiste (IS). Il soutient que les législatives à venir seront des élections-referendum sur l’unité nationale.
« C’est le PTr-MMM qui va mettre le MSM dans la poubelle de l’histoire », a affirmé Navin Ramgoolam. Le leader des rouges s’est par ailleurs dit « fier » que ce soit Stéphanie Anquetil, une descendante de l’illustre tribun travailliste Emmanuel Anquetil, qui est candidate du PTr aux côtés de Paul Bérenger et de Deven Nagalingum aux élections du 10 décembre.
Le leader du MMM n’a pas non plus manqué de rappeler qu’il a prénommé son fils Emmanuel en mémoire du grand tribun Anquetil décédé en 1946 et qui a longtemps habité rue Ambrose, Rose-Hill. Il devait d’ailleurs formuler le souhait que cette demeure historique qui se situerait, selon ses renseignements, au N°96 rue Ambrose, soit convertie en musée.
Parlant de ses adversaires immédiats dans la circonscription, Paul Bérenger a été surtout critique à l’encontre de son ancien camarade de parti Ivan Collendavelloo. Il n’a pas ainsi manqué de notamment souligner que ce dernier s’associe aujourd’hui avec ceux-là mêmes au MSM qui avaient à l’époque « saboté » le travail du Select Committee sur la réforme électorale qu’il avait présidé.
Piton : « Comment SAJ est demeuré 16 ans PM »
Par ailleurs, à Piton vendredi, Navin Ramgoolam devait arguer que si sir Anerood Jugnauth est parvenu à être Premier ministre pendant 16 ans, c’est parce que lui et son MSM ont constamment « mont dadak » soit sur le MMM soit sur le PTr. Le leader des rouges ne devait pas manqué à cet égard de critiquer en substance l’hypocrisie de SAJ par rapport à Paul Bérenger.
Alors que, dit-il, sir Anerood trouve à en redire aujourd’hui à l’époque où il avait cédé sa place à Paul Bérenger comme Premier ministre en 2003, SAJ, déclare Navin Ramgoolam, avait déclaré qu’il était « fier de laisser le pays entre les mains de quelqu’un de compétent et qui mérite bien le poste de chef du gouvernement ».
Rappelant les modalités de l’accord électoral MSM-MMM de 2000, le leader du PTr souligne qu’il était déjà question d’une répartition des tickets à parité 30/30 assortie d’un partage du priministership à 3 ans-2 ans. « Kan avek twa bon, kan avek mwa pa bon ! » a ainsi ironisé Navin Ramgoolam.
Il a une fois encore répété que la brouille qui a débouché sur le départ du MSM de son ancien gouvernement est partie à partir de l’affaire MedPoint. Citant les cas d’anciens collaborateurs de son propre parti au gouvernement, notamment Vinod Boojeenauth et Vishnu Bundhun, Navin Ramgoolam assure qu’il a de tout temps demandé à tous ceux contre qui pèsent des accusations de « démissionnner, par principe ».
Parlant des candidats PTr-MMM au N°7, le leader du PTr a entre autres cité en exemples le pédagogue Mahen Gungapersad et Raj Pentiah qui a choisi de démissionner comme magistrat de la Cour intermédiaire pour se porter candidat, « contrairement à Anerood Jugnauth qui, au moment de l’élection pour l’indépendance, a préféré abandonner la politique pour un poste de magistrat ».
Paul Bérenger devait, lui, à cette occasion expliquer qu’il était « facile de promettre » mais qu’avant de pouvoir partager, il fallait d’abord créer la richesse. Il a, à cet effet, expliqué que c’est le PTr-MMM qui dispose de l’équipe économique qui convient à cet effet en citant, entre autres, le député sortant MMM Kee Chong Li Kwong Wing.
Ce dernier, explique le leader des mauves, occupera une position importante, même s’il n’est pas candidat aux élections. Paul Bérenger trouve en revanche que plus aucun professionnel de l’économie et des finances ne prend au sérieux le candidat du camp adverse dans la circonscription N°7, Vishnu Lutchmeenaraidoo.
De l’autre candidat, sir Anerood Jugnauth, le leader du MMM trouve qu’il est temps de « tourner la page ».
Cité Martial : « Sir Abdool et l’indépendance »
À cité Martial, vendredi toujours, si Paul Bérenger a concédé qu’il n’était pas dans un premier temps très enthousiaste de la candidature de Shakeel Mohamed, il devait expliquer aux sympathisants de l’alliance de l’Unité et de la Modernité qu’il s’est laissé convaincre après les explications de Navin Ramgoolam.
Le leader du PTr et celui du MMM ont tous deux mis l’accent sur la contribution de sir Abdool Razack Mohamed à l’accession de Maurice à l’indépendance. « Si sir Abdool pa ti zett so pwa ek pwa CAM dan batay, kitfwa nou pa ti po finn gagn l’Indépendance », a soutenu le leader des mauves.
Navin Ramgoolam s’est dit par ailleurs satisfait de la performance de Shakeel Mohamed à son gouvernement. Le leader des rouges est convaincu que ce dernier sera le premier candidat PTr élu pour un deuxième mandat consécutif au N°3. Les adversaires de l’alliance PTr-MMM en ont par ailleurs tous pris pour leur grade. Particulièrement sir Anerood Jugnauth pour certains propos et agissements qui lui sont attribués à l’encontre de la communauté musulmane, mais aussi le candidat Raouf Gulbul de même que leader du FSM, Celh Meeah.
Paul Bérenger a aussi profité de l’occasion pour s’expliquer sur la non-candidature de Kee Cheong Li Kwong Wing. Les deux leaders ont réclamé des électeurs du N°3 un « vot blok » en vue d’une « vré koreksion ».