Les dernières indications officielles sont que le président de la République, Kailash Purryag, n’ira pas au bout de son mandat, soit jusqu’à mars 2017. Dans les milieux politiques autorisés, l’on mise sur une démission officielle du président de la République en cette fin de semaine, bousculant du même coup le calendrier des activités sous le Government Business à 17 jours du scrutin pour les prochaines élections municipales. Dans la matinée, toutes les tentatives officielles pour entrer en contact avec le principal protagoniste, en l’occurrence Kailash Purryag, ont été vaines alors que d’autres sources avancent que l’opération de “packing up” à la State House en prévision du départ de demain après-midi est déjà enclenchée.
À ce stade, très peu d’informations ont transpiré sur les circonstances qui ont précipité cet éventuel départ de Kailash Purryag de la présidence, même si, dans les milieux politiques, l’Electoral Mileage escompté avec ce changement à la tête de l’État est avancé comme un des facteurs-clés dans cette équation. En effet, la démission du président de la République devrait permettre à l’Alliance Lepep d’installer sa candidate, Ameenah Gurib-Fakim, à la State House comme il avait été promis lors de la campagne pour les dernières législatives en 2014. Difficile à dire si dans le cadre de l’élection prochaine de la première femme à la tête de l’État, le Premier ministre sir Anerood Jugnauth fera table rase à la State House en remplaçant également la vice-présidente de la République, Monique Ohsan-Bellepeau, dont le mandat devra arriver à terme très prochainement. Dans cette perspective, le nom de Menon Murday, candidat battu aux élections générales dans la circonscription de Rivière-des-Anguilles/Souillac (No 13) est cité avec persistance comme étant le nouveau vice-président de la République.
Du côté de la State House, ce matin, aucun commentaire officiel sur cette éventuelle démission à la tête de l’État n’était “forthcoming”. « Aujourd’hui, le président de la République est engagé dans le tête-à-tête hebdomadaire avec le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, qui est déjà arrivé. Il faudra patienter », a fait comprendre une préposée au secrétariat à la présidence de la République. À la résidence privée du président de la République, l’on faisait comprendre qu’il était trop tôt pour déranger le principal concerné. À l’Hôtel du gouvernement, des sources confirment qu’un projet de démission de Kailash Purryag est “in the pipeline”, mais qu’il y a « des derniers tâtonnements à surmonter en cours de journée ». La date de fin mai était évoquée comme celle de la démission aux termes des arrangements convenus entre les deux parties. Toutefois, il n’est pas à écarter que l’imminence de ce dénouement au plus haut niveau de l’État soit commentée lors de la campagne de mobilisation de l’Alliance Lepep, avec en première ligne le Mouvement Liberater (ML) à Camp-Levieux ce soir. Le choix d’Ameenah Gurib-Fakim à la présidence de la République revient au ML d’Ivan Collendavelloo. Dans les rangs de l’opposition parlementaire, excluant le Mouvement Patriotique (MP) d’Alan Ganoo, l’on préfère attendre que le président de la République soumette sa démission formellement avant de s’aventurer au moindre commentaire.