Même s’il prend la précaution de ne pas commenter la virulente sortie faite par Sir Anerood Jugnauth le 20 septembre à l’effet que « l’ICAC pé bien fané » et qu’il était même prêt à démissionner de son poste de président de la République si la situation l’exigeait, le Premier ministre n’en est pas moins agacé par de tels propos qu’il juge « intempestifs »de la part de l’occupant d’une fonction à laquelle un minimum de réserve est rattaché.
La première manifestation de ce courroux en haut lieu aurait pris la forme d’un pépin technique pour le président de la République. Dans son entourage, on affirme, en effet, que Sir Anerood Jugnauth aurait constaté, une fois arrivé en république populaire de Chine où il était en mission officielle que l’usage de son téléphone portable était bloqué et que son« roaming » n’avait pas été activé. Il a pu contourner ce problème et communiquer avec les siens quand même, nous rapporte-t-on. 
Devant ce qu’il considère comme une mesquinerie, le bouillant président aurait affiné davantage sa stratégie et pris le parti de répondre coup pour coup. Il compte ainsi faire durer le suspense sur ses véritables intentions. Sa décision de démissionner est prise, mais on souligne dans son premier cercle que c’est lui qui choisira quel est le meilleur moment pour le faire. Il sera en tout cas tributaire de la situation dans le pays et des « moves » du Premier ministre et de sa majorité précaire. 
Du côté du Premier ministre, il y a une information qui est distillée par ses proches collaborateurs à l’effet qu’il aurait demandé que le dossier du Sun Trust soit rouvert avec la possibilité qu’une enquête soit instituée sur ce que certains rouges appellent le « scandale du siècle dernier ». 
Le MSM, lui, semble prendre cette possible enquête comme une blague dans la mesure où le Ptr ne s’était pas embarrassé du Sun Trust au moment de la conclusion de l’alliance bleu-blanc-rouge l’année dernière. C’est aussi léger que le dossier du bois de rose, ironise un apparatchik orange. 
Quoi qu’il en soit, ce qui va être très surveillé dans les prochains jours, ce sont les rapports officiels que la Constitution impose au président de la République et au Premier ministre, à savoir qu’il est prévu qu’ils aient des consultations hebdomadaires sur les grands problèmes du pays. 
On soutient déjà qu’il n’y aurait pas eu de rencontres officielles du jeudi depuis un moment déjà, le calendrier des déplacements à l’étranger ayant contribué à cette partie de cache-cache constitutionnelle. Est-on revenu au triste épisode post-élections 2005, lorsque la communication entre président et Premier ministre avait été réduite à sa plus simple expression et que les échanges ne se faisaient que par correspondance? On devait très vite le savoir. En tout cas, la même crispation State House/Government House est, elle, déjà bel et bien là!