Le Casino Employees Union (CEU) envisage une grève de la faim si la direction de la State Investment Corporation (SIC) maintient Chandra Ram, l’Officer-in-Charge du Casino de Maurice, à son poste. C’est ce qu’a annoncé ce mardi, Ivor Tan Yan, le négociateur de ce syndicat, lors d’une conférence de presse pour dénoncer « la dictature » qui, avance-t-il, règne au sein des casinos.

« Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est en raison de l’ingérence politique, de la politique de petits copains et du favoritisme. Elle se sent forte car elle bénéficie de la protection du bureau du Premier ministre. Il faut que la dame devienne plus raisonnable. Il est temps qu’elle parte et qu’elle fasse de la place aux autres personnes plus compétentes pour une nouvelle gestion et pour plus d’harmonie », a expliqué Ivor Tan Yan. Selon lui, la situation s’est aussi dégradée dans d’autres secteurs car ceux qui siègent au sein des boards, « ne font pas leur travail comme il faut ». Il avance : « Il y a trop d’abus. Ils ne protègent que leurs intérêts personnels. SIC bizin met madam-la deor. » Brady Ponnusami, le président de la CEU, a quant à lui vivement dénoncé ce qu’il qualifi e de « manipulation » de la part de l’Offi cer-in- Charge « lorsqu’il s’agit de promotion » au sein du casino. « Elle met en place des stratégies pour justifier son choix. Elle utilise le comité disciplinaire pour faire peur aux employés et aux managers qui revendiquent leurs droits. Elle n’hésite pas à les menacer. C’est de la dictature. Elle harcèle les employés et agit comme bon lui semble. Nou pa pou res lebra krwaze. Nou pou pran bann desizion ki bizin pran. Nous aurons recours à la cour pour faire triompher la justice. Nou demann Premie minis pran desizion pou tir madam-la dan sa pos-la e nom o pli vit enn CEO ek enn direkter resours imenn pou ena lord dan Kasino », explique le syndicaliste. Il s’est également posé la question sur les uniformes pour les employés du Casino dont le coût aurait été estimé à Rs 2,7 millions. Cette affaire, dit-il, a été référée à l’ICAC.

« Nou ti pou kontan kone kot zafer-la fi nn arive. Enn sertin dimounn ki pou bizin rann kont », soutient-il. Le président du CEU a lancé un appel au gouvernement pour qu’il confi rme certains employés qui ont travaillé pendant de longues années et qui méritent ces postes. Yola Benie, une employée du Casino, est venue témoigner du « calvaire » qu’elle a vécu samedi dernier alors qu’elle s’apprêtait à prendre son travail. « J’ai porté un uniforme selon les normes. Chandra Ram n’arrêtait pas de me harceler en me disant que je devais m’habiller correctement. Elle a abusé de son pouvoir et m’a humiliée. J’ai porté plainte contre elle à la police », a-t-elle invoqué.

Toutefois, Chandra Ram, elle, soutient que « certains employés me traitent de dictatrice car je les ramène de temps en temps à l’ordre pour faire respecter la discipline ». Elle poursuit : « Ils veulent faire croire que je bénéfi cie de la protection du Bureau du Premier ministre. C’est totalement faux. Ils oublient que j’ai travaillé pendant 35 ans au sein du casino et que j’ai un “clean record”. Personnellement, je crois qu’il est tout à fait légitime que j’occupe ce poste. »