Ce n’est pas demain que des organismes publics comme la State Investment Corporation vont s’assainir et devenir de véritables vitrines de la bonne gouvernance publique. La SIC, qui est une entité créée par Vishnu Lutchmeenaraidoo alors qu’il était ministre des Finances en 1983 est une nouvelle fois en proie à des turbulences dont la plus grave est l’incapacité à désigner le directeur de cet organisme malgré un appel de candidatures lancé depuis mars 2015 après la démission de l’ancien titulaire Iqbal Mallam Hasham nommé par Navin Ramgoolam et confronté à de multiples affaires politico-judiciaires.
Week-End évoquait déjà dans son édition du 5 avril dernier les interrogations que suscitait l’exercice de sélection du directeur de la SIC, lesquelles portaient notamment sur le fait que le panel responsable de ce choix délicat était constitué de cadres du ministère des Finances et non d’une plate-forme de recruteurs complètement indépendante et sur le fait que l’actuelle directrice par intérim de la SIC, Rita Venkatasamy, qui n’est autre que la soeur du ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo. Celle-ci est une des plus anciennes employées la SIC, puisqu’elle y est embauchée depuis la fin des années 1980.
Or, l’exercice de sélection traîne toujours et pour des raisons que ceux qui ont postulé n’arrivent pas à s’expliquer jusqu’ici. Parmi les candidats appelés aux interviews, il y a, bien sûr eu Rita Venkatasamy, mais aussi Jyoti Jeetun, celle qui fut brutalement priée de « lev paké » de la direction du Sugar Investment Trust à l’arrivée des travaillistes au pouvoir en 2005 et un ancien de la maison Prem Beejan qui a aussi, un temps, travaillé pour le British American Investment. 
De l’avis de tous ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre, été au parfum du dossier de recrutement du directeur de la SIC, il est évident que c’est la candidature de Jyoti Jeetun qui aurait dû objectivement obtenir les faveurs du panel. Or, il semble que sa sélection soit compromise et que la favorite demeurerait Rita Venkatasamy et que c’est le timing d’une annonce dans ce sens qui poserait problème et qui retarderait la nomination du directeur de la SIC qui risque de figurer sur la liste des recrutements publics les plus longs à réaliser.
Mais il n’y a pas que cette affaire qui agite la SIC. La découverte d’une fraude alléguée de Rs 20 millions aux Éditions de l’Océan Indien agite aussi les esprits. D’autant que des lanceurs d’alerte avaient déjà mis la direction au courant de certaines pratiques pas très orthodoxes et qui, semble-t-il, a complètement échappé à la secrétaire de la compagnie qui se trouve être l’actuelle directrice par intérim de la SIC, Rita Venkatasamy.
En tout cas, les employés de la SIC se posent vraiment des questions sur le sens que l’actuel gouvernement donne au mot « nettoyage ».