Le dernier rapport de Statistics Mauritius démontre que les inégalités envers les femmes, notamment dans le travail et la politique, sont toujours très présentes. D’ailleurs, le pays a reculé de huit places dans le Global Gender Gap Index (GGI) du World Economic Forum. Maurice se retrouve à la 106e place sur 142. Cependant, le nombre de femmes occupant un poste à responsabilités dans la fonction publique a augmenté de 45 %.
En 2014, Maurice comptait 636 932 femmes et 624 002 hommes. En dépit de ce surnombre, les femmes sont toutefois sous-représentées dans divers domaines, notamment la politique et le top management des entreprises. De même, les femmes sont plus touchées par le chômage, même si elles ont plus de diplômes. Les salaires sont aussi en disparité, soit une moyenne de Rs 14 800 pour les femmes et Rs 19 900 pour les hommes. Cependant, la fonction publique a enregistré une hausse de 45 % concernant les femmes dans les postes à responsabilités.
Dans le milieu politique, le rapport souligne que le pays ne compte que huit femmes au Parlement depuis 2014, comparé à 13 aux élections de 2010. Lors des municipales 2015, 41 femmes contre 79 hommes ont été élues. Une situation qui a valu à Maurice de chuter de huit places — 98e à 106e sur 142 pays — au Global Gender Gap Index. Depuis 2006, ce rapport du World Economic Forum s’intéresse aux inégalités entre l’homme et la femme dans quatre secteurs : la participation économique, les opportunités d’éducation, la santé et la responsabilisation politique. Le « gender gap » est plus prononcé dans le domaine de la politique, suivi de l’économie.
Le rapport confirme également la tendance à la baisse dans les naissances depuis ces 24 dernières années. Le taux de fertilité est ainsi évalué à 1,4 en 2014. De même, il est noté que les femmes deviennent mères de plus en plus tard. Le plus fort taux de natalité est ainsi passé du groupe des 20-24 ans en 1990 à celui des 25-29 ans en 2014. Ce qui s’explique du fait que les femmes se marient aussi plus tard. De même, une baisse de près de 50 % a été notée dans les naissances chez les 15-19 ans. Par ailleurs, les organisations engagées dans la promotion de la contraception ont enregistré une baisse de 25 281 chez les utilisateurs réguliers de leurs services, comparé à 2004.
Sept divorces avant un an
Les mariages sont aussi en baisse, passant d’un taux de 21,1 en 1993 à 15,8 en 2014. Les divorces en revanche sont passés de 1,4 à 3,6 pour la même période. Il est noté également que ce sont surtout les femmes (49 %) qui initient les procédures de divorce. En 2014, la Cour Suprême a enregistré 2 262 divorces. La majorité survient entre cinq à dix années de mariage, soit 691. Sept divorces ont aussi été prononcés au cours de la première année de mariage, alors que 202 sont survenus après 25 années de mariage et plus. Un tiers des couples ayant divorcé en 2014 n’a pas d’enfants.
Au niveau de la santé, 322 femmes ont été infectées au VIH en 2014, ce qui représente un taux de 41 % comparé à 16 % en 2006. Des 322 cas, 71 % ont été infectées lors de rapports hétérosexuels et 11 % par injection de drogues. Chez les hommes, 190 nouveaux cas ont été recensés en 2014. Cependant, au niveau des décès, 5 329 hommes ont perdu la vie en 2014 comparé à 4 353 femmes. Le diabète, les maladies cardiaques, cérébrales et le cancer comptent pour 62, 9 % des causes des décès.
Dans le domaine éducatif, un plus grand nombre de filles accède aux études supérieures. La filière Administration and Management enregistre un plus grand nombre d’étudiants chez les deux sexes (17 %), tandis que les langues sont en nette baisse, soit 1 %. Le rapport mentionne un fort taux de chômage chez les jeunes de moins de 20 ans, avec 45 % des filles contre 28 % des garçons. Le deuxième groupe le plus concerné par le chômage est celui des 20-29 ans. Une fois de plus, les filles (+ 20 %) sont plus touchées que les garçons (+ 10 %).