Plusieurs élèves du collège Père Laval allèguent avoir été aspergés d’un gaz par le personnel du poste de police d’Abercrombie, vendredi dernier, après y avoir été conduits par le conducteur de leur autobus d’école, avec qui ils auraient eu des accrochages. L’un d’eux, qui souffre d’asthme, avait même été transporté à l’hôpital Jeetoo suite à cela. Toutefois, la police d’Abercrombie, de son côté, déclare avoir uniquement réprimandé les élèves verbalement et n’avoir jamais fait usage de gaz lacrymogène.
Après leurs heures de cours, vendredi après-midi, environ 75 élèves du collège Père Laval sont montés à bord d’un autobus individuel ayant l’habitude de les ramener chez eux. Cependant, ce jour-là, le conducteur et le receveur auraient eu une altercation avec certains élèves, décidant alors de se rendre au poste de police le plus proche, celui d’Abercrombie. Selon le receveur, rencontré par Le Mauricien aujourd’hui, les élèves se seraient mal comportés aussitôt que l’autobus a quitté l’enceinte du collège Père Laval. Ils auraient utilisé un langage injurieux à son égard, ainsi qu’à celui du conducteur. « En 22 années de carrière, c’est la première fois que je rencontre de tels problèmes avec des élèves », déclare le receveur, un quinquagénaire. Les élèves, cependant, soutiennent que la dispute est survenue lorsque le receveur a demandé à l’un d’eux de fermer une porte, qui « était déjà fermée ». C’est ainsi que le chauffeur a changé d’itinéraire pour se rendre au poste de police d’Abercrombie.
Toujours selon certains élèves, des policiers se sont adressés à eux pour leur demander de descendre de l’autobus et de se comporter correctement, afin que personne n’ait d’ennuis. Lorsqu’ils en sont descendus, toutefois, certains élèves, ainsi que le père de l’un d’eux, enseignant dans ce collège, auraient ressenti des brûlures aux yeux et des irritations à la gorge. L’un d’eux, souffrant d’asthme, a même dû se rendre à l’hôpital Jeetoo pour des soins durant l’après-midi. Ces derniers suspectent la police d’avoir aspergé un gaz quelconque. La direction du collège Père Laval, pour sa part, s’interroge sur ce qui a bien pu provoquer ces irritations aux yeux et à la gorge de ces élèves.
Contacté, le Police Press Office déclare que la police d’Abercrombie a effectivement réprimandé les élèves, ce jour-là, mais qu’elle « n’a jamais fait usage de gaz lacrymogène car au cas contraire, la police aurait dû faire une entrée officielle préalablement ». De plus, le service de presse ajoute qu’un officier de police d’Abercrombie a accompagné le conducteur de l’autobus et les élèves jusqu’à la Gare du Nord. La direction du collège réclame cependant l’ouverture d’une enquête approfondie. « Nos élèves ne sont pas des anges mais nous ne pensons pas qu’ils aient eu un comportement aussi abusif qu’allégué par le receveur. Certains d’entre eux ont des préjugés vis-à-vis de certains écoliers. Ils méritent mieux que cela ».