Le cosplay est sa grande passion. Animé par cet amour pour les mangas depuis une vingtaine d’années, il n’a eu de cesse d’accroître ses connaissances sur le phénomène. Au point de lui permettre aujourd’hui de confectionner seul un costume de manga. Grand gagnant du festival de cosplay Animu 2010 et 2011, Stefan Wong, 34 ans, avoue vivre pleinement sa passion.
Incursion dans l’univers d’un personnage pas comme les autres.
Notre première rencontre avec le fameux Vash the Stampede fut assez singulière. Sans que nous sachions qui se cachait réellement derrière ce mystérieux personnage, ce dernier nous a immédiatement plu. Cela se passait à Animu 2011, festival de cosplay qui s’est tenu en décembre au Triveni Club. Ce qui attirait tout de suite l’attention chez Stefan Wong, alias Vash, c’était cet air fier et dur qui était le sien lorsqu’il saluait ses camarades. Pour se faire remarquer, il faisait aussi le va-et-vient dans la pièce où se déroulait le concours.
Cette attitude était loin d’être un signe d’arrogance ou de prétention de la part du jeune homme. Accro à ce genre de compétitions, il s’était tout simplement laissé guider par sa passion en se glissant entièrement dans la peau du personnage qu’il incarnait pour l’occasion.
Longs cheveux blonds en bataille, lunettes mystérieuses, long manteau orange, grand et baraqué. Quand il s’agit de se déguiser pour le festival de cosplay, Stefan se donne à fond. Cette année encore, aucun détail n’avait été laissé au hasard. Stefan s’est approprié parfaitement le rôle de Vash the Stampede de la série Trigun.
Cheveux blonds.
Un personnage qu’il affectionne particulièrement et qu’il a tenu à incarner pour sa deuxième participation au festival Animu. Jouer ce rôle n’a toutefois pas été une tâche facile. En effet, ce déguisement lui a demandé quelques efforts et des sacrifices. Dont celui de se laisser pousser les cheveux pendant toute une année et les teindre entièrement en blond la veille de la compétition afin de s’approprier le look rebelle de Vash the Stampede, les cheveux blonds coiffés en pétard. Autant de mois d’efforts pour un festival qui ne dure qu’un jour.
Lors de notre deuxième rencontre, nous aurions pu penser qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre. Chiquement vêtu, cheveux noirs et courts, Stefan arborait sa tenue de ville. Celui qui occupe le poste de Marketing manager se doit d’avoir un look “sérieux” lorsqu’il rencontre les clients. “Mais lorsque je me prépare pour le festival, je m’autorise à faire le fou. C’est d’ailleurs la décision la plus osée que j’ai prise par passion”.
Adolescent.
Cet amour pour les mangas, Stefan l’a découverte alors qu’il est adolescent. Cela remonte au début des années 90, où les séries japonaises comme Cat’s eyes, Cobra, Albator, Goldorak et Rémi sans famille, entre autres, cartonnent. “J’étais fasciné par ce nouveau style de dessin animé qui faisait fureur. Je ne pouvais plus m’en passer. J’en visionnais tous les jours.”
Lorsqu’il quitte le pays pour des études en France en 1995, c’est le grand “boum”. Stefan se voit exposé à un monde qui lui permet de découvrir mais surtout d’apprendre davantage sur le phénomène. Il peut aussi se procurer des livres et des CD sur les diverses séries japonaises.
Le jeune homme a eu la chance d’assister à un Salon du Manga à Paris. “Bien que la scène cosplay fût plus présente en Angleterre, il existait une petite communauté en France qui s’adonnait à cette passion. Ce n’était pas énorme, mais c’était très sympathique. On y retrouvait des gadgets, des accessoires… C’était amusant !”
Matières recyclées.
Avec l’évolution des technologies, dont l’accès facile à internet, Stefan parvient finalement à accroître ses connaissances sur le sujet. La toile est également une ressource pour comprendre et apprendre à confectionner des costumes de mangas, confie Stefan. “Le net nous permet aussi de communiquer avec d’autres cosplayers et d’échanger des idées.”
S’étant beaucoup documenté sur les sites consacrés au cosplay, Stefan parvient aujourd’hui à réaliser seul un costume. Celui de Vash the Stampede ou encore celui d’Anbu kakashi (Naruto Shippuden), qu’il portait lors de Animu 2010, le jeune homme les a confectionnés lui-même.
S’il y a un costume que Stefan rêve de réaliser, c’est bien celui d’un Stormtrooper de Star Wars. Mais il souhaite le faire identique à l’original. Ce qui lui coûterait énormément d’argent. Car un costume prêt-à-porter de ce personnage vaut autour de Rs 30,000, dit-il. Pour l’instant, il n’est pas prêt à investir autant d’argent dans un tel produit. Il préfère encore les confectionner avec des matières recyclées qu’il trouve çà et là. Des créations habilement réalisées qui lui ont permis de remporter le premier prix du festival Animu durant deux années consécutives (2010 et 2011).
Séries.
Depuis qu’il a eu vent de cette compétition, Stefan est toujours impatient d’être au rendez-vous. “C’est la seule occasion qui m’est offerte de partager ma passion avec d’autres cosplayers. À peine le festival terminé, je pense déjà à l’édition suivante. Je commence à réfléchir sur mon prochain costume et sur les accessoires que je vais fabriquer.”
Lorsqu’il n’est pas dans son coin à confectionner ses gadgets, le jeune homme dévore les livres du dessinateur Masamune Shirow, qu’il se plaît à relire de temps en temps. Ou alors il visionne quelques séries qu’il conserve précieusement sur son ordinateur.
Cette passion, il compte évidemment la transmettre à ses deux fils, Tristan et Kayden. “Pour le moment, je me contente de les avoir à mes côtés lorsque je regarde les anciennes séries comme Rémi sans famille, Chevalier du Zodiac et Mystérieuse cité d’or. Viendra le moment où je les initierai au cosplay et à tout ce qui accompagne le phénomène.”