Raheem Gopaul

En tant que militant d’un Humanisme universel au sein du groupe RAFAL, je trouve incongru, pour ne pas dire insensé, que l’on exige d’un Stephan Buckland un certificat de moralité avant de lui verser son allocation d’athlète à la retraite!

Stephan Buckland a fait honneur au pays en tant qu’athlète de haut niveau. Je ne l’ai jamais rencontré mais, comme beaucoup de Mauriciens qui ont suivi son immense parcours en athlétisme, c’est comme si nous le connaissons en personne.

Ce vendredi d’août 2003, mon fils, qui vit en France depuis bon nombre d’années, était au Stade de France pour voir courir Stephan Buckland. Dans une lettre, ci-incluse, qu’il avait envoyée à la famille, il relate toute l’émotion ressentie lorsqu’il a vu Buckland participer à cette finale d’un championnat mondial.

Quinze ans après, cette lettre nous donne l’occasion de “revoir” un grand Stephan Buckland au Stade de France. Son nom restera à jamais gravé dans la mémoire collective comme une référence pour les sportifs de demain. Par les temps qui courent, avec la mesquinerie des uns et des autres, je crois que c’est important de montrer que le mauricianisme doit toujours primer…

………….

Le dimanche 31 août 03

1h15 du matin

 

Bonjour à vous,

 

         Cette course de Stephan Buckland… Eternels regrets!

 

Après mon coup de fil ce vendredi 29 août, je rentre me reposer un peu avant de me rendre au Stade de France. Normalement, c’est pour suivre la finale de Buckland sur l’écran géant juste à l’extérieur du stade. Mais arrivé sur place, je laisse parler mon instinct et j’achète un billet…

Grosse ambiance. Je remarque une dizaine de drapeaux de Maurice éparpillés dans les gradins. Drôle de sensation. Complètement surréaliste. Un athlète mauricien à côté des Américains et des Européens. Je me dis que ce gars doit être vraiment très fort pour être en finale d’un championnat mondial. Je trouve cela incroyablement beau. Je suis heureux pour lui. Assez fier aussi. Pourvu qu’il soit “méchant”. Qu’il ait la rage, l’envie de vaincre. Pourvu qu’il soit un tueur.

Je me trouve en hauteur, dans le virage. Le sprint est lancé. Je suis debout. A mi-parcours, les coureurs sont juste en-dessous de là où je me trouve. A la sortie de ce virage, je vois Buckland à l’avant. Premier, même. A une vingtaine de mètres de l’arrivée, il est dans le trio de tête.

Ce gars aura manqué de rage, de “méchanceté”. Un podium aurait été magnifique. Même la première place était possible. Pas de chance. Trop gentil, Stephan Buckland. Mais véritable potentiel d’un champion du monde. Un jour, peut-être…

Akhtar