Pas moins de quatre enquêtes furent ouvertes par le board des Racing Stewards à l’issue de la 27e journée. Les quatre concernaient le handling d’un cheval dont trois dans la course principale. Après avoir écouté les parties, toutes les interrogations ont débouché sur un laconique « Explanations noted » alors que l’une d’elles a aussi fait état que le jockey devrait montrer plus d’initiative et de jugement à l’avenir. Ce qu’on retiendra de ces enquêtes, c’est que les Racing Stewards avaient trouvé, comme une grande majorité de turfistes, que le déroulement de deux courses laissait à désirer. Mais qu’au final les acteurs avaient trouvé la parade pour s’en sortir sans casse.
La course principale a été une copie conforme au Maiden, avec comme vainqueur Vettel. Mais, au lieu de rendre la tâche du vainqueur du Ruban Bleu plus difficile, on lui a offert la course sur un plateau. Si on regarde cette course de plus près, tout le monde conviendra qu’au moins deux chevaux ont laissé des forces en luttant contre leur jockey respectif dans la partie initiale.
Certes, on peut admettre que les circonstances ont joué en faveur de l’éventuel vainqueur, mais on trouve aussi que certains adversaires se sont compliqué la tâche, en prenant la mauvaise décision. Et là, ce sont les instructions données aux jockeys qui entrent en jeu.
En ce qu’il s’agit d’Ice Axe, il avait demandé à Dinesh Sooful de trouver la troisième ou la quatrième position sur les barres. Toutefois, Ice Axe a pris un très bon départ pour se retrouver plus en avant que prévu et son jockey a pris la décision de camper sur les instructions au lieu de profiter de sa belle mise en action qui lui aurait sans doute permis de se placer en deuxième position ou même faire Vettel travailler quelque peu avant de se porter en tête. Ravi de cette aubaine, Vettel qui avait démarré de travers, put sans problème se glisser tranquillement en tête de la course et réduire le rythme après quelque 200m.
Quid d’Independence qui nous avait habitué à être plus entreprenant au départ? L’entourage du cheval avait émis des doutes sur sa tenue et aussi demandé au jockey de prendre des précautions vu que la casaque bleu électrique avait engagé deux représentants et pouvait tenter de « ruin » les chances d’Independence « comme cela avait été le cas lors de la dernière sortie de ce dernier.
La question qui s’impose est pourquoi avoir engagé ce cheval sur 2100m alors qu’il n’était pas certain de pouvoir tenir la distance. De source bien informée, on a appris que ce sont les propriétaires qui ont insisté pour l’engager sur le parcours du jour alors que l’entraîneur avait une préférence pour les 1600m.
De ce fait, Independence resta tranquillement en retrait, même s’il aurait sans doute pu se placer à l’extérieur de Love Struck s’il n’avait pas été gêné par Ice Axe après 500m de course.
Vettel, à l’avant, ravi de l’aubaine, continua tranquillement sa course sur un rythme de sénateur alors qu’Ice Axe et Independence se montraient ardents.
Le jockey d’Ice Axe dira que son cheval se relaxa par la suite. Ce qui est tout à fait normal car le rythme avait sensiblement accéléré à partir du Tombeau Malartic. Vincent Allet a eu raison de dire que Dinesh Sooful aurait pu laisser filer sa monture, d’où la remarque du board que le jockey Sooful ne doit pas « stick to instructions » et doit savoir montrer plus de jugement ou d’initiative.
Pour revenir à Independence, Imran Chisty déclara qu’après avoir revu le film des dernières courses du cheval, il avait trouvé que celui-ci n’aimait pas se retrouver en tête de la course et avait tendance à jouer de la tête quand il était repris et que le cheval s’était arrêté quand il avait s’était retrouvé en tête dans la ligne droite finale la dernière fois. Selon la cravache indienne, Independence est un battant quand il se retrouve avec des chevaux autour de lui. Il souligna aussi que Mark Neisius n’arrêtait pas de demander à son cheval d’avancer pour conserver l’avantage de la corde et qu’il aurait alors dû solliciter sa monture pour être à ses côtés. D’où la peur qu’Independence se mette à tirer quand il serait repris.
Pour Love Struck, l’enquête fut plus courte dans le sens où il avait pu conserver la corde. Mais il fut demandé au jockey pourquoi il n’avait pas insisté un peu plus pour rendre la tâche de Vettel plus difficile. En guise de réponse, Mark Neisius appréhendait que son cheval ne se montrât ardent après avoir été sollicité.
Pour le plus simple des turfistes, tout avait été bien orchestré par un travailleur de l’ombre qui a su tirer profit de la cote généreuse de Vettel.
Pour ce qui est de Big Lion, c’est surtout son avance de dix longueurs qui intéressa les Racing Stewards. Le turfiste, lui, trouve qu’un jockey expérimenté comme Mark Neisius aurait dû se rendre compte que son cheval avait pris une confortable avance. Il faut ici faire ressortir que le film démontre que le jockey, après avoir sollicité son cheval pendant 75m, posa les mains sur l’encolure du cheval et que l’écart grandissant peut aussi venir du fait que celui qui était deuxième, Roving Consort, avait été quelque peu repris par son jockey.
A la question de savoir pourquoi il n’avait pas regardé à l’arrière, Mark Neisius répondit que son cheval n’était pas ardent et semblait se réjouir de sa position en tête de la course. Il devait aussi faire ressortir qu’un jockey chevronné doit savoir quand un cheval est ardent et quand il ne l’est pas.
A noter que deux jockeys ont été sanctionnés pour une faute d’interférence. Il s’agit de Sunil Bussunt (deux semaines de suspension) et Girish Goomany qui a écopé d’une semaine de suspension et de Rs 25 000 d’amende pour deux cas de négligence en course.