Trouvé coupable de n’avoir pas monté Make My Grey à la satisfaction des Racing Stewards et suspendu pour deux semaines et à payer une amende de Rs 50 000, Johnny Geroudis a fait appel contre ses sanctions.
C’était particulièrement chaud dans la Stewards’ Room mardi matin lors deux enquêtes principalement. Surtout celle concernant le “handing” de Ball Park, piloté par notre compatriote Swapneel Rama. Appelé à fournir des explications sur la ligne droite du cheval et les raisons pour lesquelles il jeta un coup d’oeil à l’extérieur en plusieurs occasions, le Mauricien, qui était accompagné de son entraîneur Patrick Merven, expliqua que Ball Park est un cheval réputé pour être un difficile. Cela fut accepté par le Chairman Ian Paterson. Ce dernier trouva quelque part anormal pourquoi il avait regardé en direction de son compagnon d’écurie Point Of Policy. Ce à quoi Patrick Merven déclara que ce fut par pur réflexe. Il fut aussi demandé à Swapneel Rama pourquoi il n’avait pas laissé son cheval verser à l’intérieur et qu’il aurait pu alors mieux l’assister qu’il ne l’avait fait. Le jockey répondit qu’il ne pouvait le faire vu que Ball Park pouvait aller se donner contre les barres intérieures. Les Racing Stewards devaient faire deux autres remontrances à Swapneel Rama. L’une concernant un autre coup d’oeil qu’il jeta vers l’extérieur à environ 100m de l’arrivée et sur son changement de style dans les derniers mètres. Swapneel Rama répondit qu’il avait entendu crier à l’arrière et comme son cheval s’était dirigé vers la droite, il crut bon de regarder à sa gauche. Quant à son style, il souligna qu’il a déjà monté de cette façon auparavant.
Après avoir entendu ses explications et ceux de son entraîneur, une charge de slack riding fut déclarée à son encontre. Ce fut alors que le ton monta d’un cran. Patrick Merven de même que Swapneel Rama ne furent pas du même avis. Le Mauricien trouva qu’il n’avait à aucun moment cesser de monter son cheval. Son entraîneur, lui, alla même jusqu’à demander au Chairman que si Swapneel Rama aurait été appelé à donner des explications si Ball Park n’était pas le compagnon d’écurie du vainqueur Point Of Policy. Le film de la première sortie de Ball Park (Rama) fut visionné et il fut noté que le cheval n’eut pas la mauvaise tendance à verser à l’intérieur. Patrick Merven souligna que c’était la première sortie du cheval et que ses bumpers n’avaient pas encore été affectés.  Il ajouta que Ball Park ne faisait qu’à sa tête et que ses postérieurs lui faisaient peut-être mal.
Il est à noter que Swapneel Rama demanda que Johnny Geroudis et Cédric Ségéon soient appelés comme témoins, deux cavaliers plus expérimentés que lui et qui ont déjà eu affaire à Ball Park. Les deux vinrent confirmer les difficultés à manoeuvrer le cheval.
Après délibérations, la charge de slack riding fut retirée et le Chairman demanda que Ball Park soit confié à un cavalier plus robuste que Swapneel Rama à l’avenir. Ce dernier ayant déclaré qu’il n’était sans doute pas assez robuste pour diriger le cheval. Ce qui provoqua l’ire de Patrick Merven du fait que Ball Park est classé au bas de l’échelle et plus souvent en lice dans des épreuves réservées aux cavaliers mauriciens.
Ce fut toujours chaud mais un tantinet moins ardent lors de l’enquête ouverte sur la monte de Johnny Geroudis (Make My Grey). Il faudrait ici souligner que le Sud-Africain avait déjà écopé d’une amende de Rs 10 000 pour une réclamation frivole à l’encontre de Freedom.
D’emblée, le jockey de l’écurie Rousset déclara que quand Freedom montra des signes qu’il allait se diriger vers la droite, il prit l’option d’aller vers la gauche pour ne pas se faire enfermée. Ian Paterson démontra à travers le film qu’il y avait suffisamment de place à l’intérieur pour au moins deux chevaux quand Freedom effectua son mouvement vers la droite. Or, lui s’était dirigé vers l’extérieur avant de revenir à l’intérieur. Ce qui fit, selon lui, perdre la course à Make My Grey d’autant qu’il n’y avait qu’une courte tête entre le gris et Freedom à l’arrivée.
Johnny Geroudis souligna que sa décision “was a split decision one” et que si on regardait le film de près, on trouverait qu’il avait déjà pris l’option d’aller vers la gauche avant que Freedom ne soit remis sur la bonne trajectoire par Cédric Ségéon. Pour le Chairman, le Français avait pris des “corrective measures” avec sa cravache et qu’il y avait toujours de la place pour Make My Grey à l’intérieur. Johnny Geroudis répliqua qu’il ne pouvait savoir exactement à quoi s’attendre de la part de Freedom. Il souligna que Freedom n’alla jamais droit par la suite, il versa à l’extérieur mais revint aussi en direction de la lice à 50m de l’arrivée. Le film démontra que ce fut à environ 25m du but.
Johnny Geroudis trouva qu’il était illogique qu’un incident en course à Maurice soit toujours sanctionné d’une suspension ou d’une amende. Il en revint alors à sa décision pour souligner qu’il ne fut question que d’une foulée et demie et que cela n’avait pu coûter la victoire à Make My Grey.
Le board prit de longues minutes pour délibérer, ce à quoi on aurait pu penser que l’unanimité n’avait pas été trouvée. Mais quand le jockey fut rappelé à l’intérieur de la chambre, il lui fut annoncé qu’il était charged pour n’avoir pas monté à la satisfaction des Racing Stewads. Comme attendu, il plaida non-coupable et, résigné, ne voulut pas en débattre davantage quand il lui fut demandé s’il avait quelque chose à dire si jamais une sanction était prise à son encontre.
Ainsi, il fut mis à pied et aussi sanctionné d’une amende.
Rs 100 000 d’amende à Burke
La journée de courses de dimanche dernier fut aussi animée par la nervosité de part et d’autre. La chambre des Racing Stewards ne fut pas en reste avec la colère de Robbie Burke — il revint à de meilleurs sentiments mardi matin — quand une amende de Rs 100 000 lui fut imposée pour intimidation. L’incident avait eu lieu dans la quatrième course de la 11e journée et n’avait pu être pris sur le fond suite à l’indisposition du Dereck David. Ainsi, ce fut samedi que les parties concernées furent appelées à donner leur version des faits. Mais le verdict ne put être prononcé vu que le jockey David avait déclaré forfait au cours de la journée. Ce fut le lendemain, dimanche, que Robbie Burke fut avisé des deux points sur lesquels les RS l’avaient trouvé coupable. Le premier se situa à 100m de l’arrivée où «when racing slightly in front of Piece Of Paradise, he allowed his mount to shift out and by doing so intimidated Piece Of Paradise such that the two horses then came together leaving the 25 metres ;  2) after leaving the 25 metres, after the two horses had come together, jockey Burke extended his left elbow, contacting Piece Of Paradise.»
L’Irlandais accepta ses torts en ce qui concerne le premier point mais plaida non coupable d’avoir donné un coup de coude. Mais il fut trouvé coupable et, furieux, s’en prit aux journalistes présents et ajouta qu’il irait en cour s’il le fallait.
Mardi matin, quand il fut appelé pour sa monte sur Days Of Yore, suite à une plainte d’un membre du public, les Racing Stewards ne devaient par donner suite à l’enquête, Robbie Burke s’était calmé et déclaré qu’il fallait oublier l’épisode où il était question d’aller en cour. Il demanda des explications sur les raisons de la forte amende qui lui fut infligée.
Deux autres enquêtes eurent lieu mardi matin. Keagan Latham fut pénalisé d’une amende de Rs 20 000 pour n’avoir pas piloté Pegasus Legacy (12e journée) jusqu’au but, le privant de la troisième place alors que Rakesh Bhaugeerothee plaida coupable d’une faute d’interférence à l’encontre de Carson City alors qu’il était en selle sur Captain Vedici (13e journée). Une amende de Rs 20 000 lui fut infligée. Sachez aussi que Cédric Ségéon fut sanctionné d’une amende de Rs 25 000 pour mauvaise conduite dans la 1re course de samedi dernier.