NEENA RAMDENEE

Je dénonce la violence quotidienne faite aux femmes à Île Maurice ; mettons en place des actions concrètes pour lutter contre ce fléau.

Quand on parle d’élimination de la violence, on devrait s’adresser aux hommes. La femme battue est une sœur, une maman. Comment un jeune homme peut battre sa copine ou un mari sa femme avec qui il est marié depuis 30 ou 40 ans ? Je ne comprends pas. Cette année, il y a eu plus de 1 000 cas répertoriés et le pire est que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les cas de viol conjugal, harcèlement sexuel, agression sexuelle, grossesse précoce pullulent.

Je dénonce l’acte barbare des hommes qui frappent, découpent, brûlent les femmes. C’est révoltant, dégoûtant, désespérant. C’est un sujet TABOU. Un silence assourdissant entoure ce phénomène, il faut casser ce cercle vicieux. Nous tous devons dénoncer les hommes et femmes qui exercent la violence et porter secours aux victimes. La non-assistance à personnes en danger est un délit.

Par ailleurs, il est aussi question d’un peuple de « zougader », avec le Loto, les casinos, les courses hippiques et jeux en ligne, un peuple de buveurs et de toxicomanes qui ne contrôle plus ses pulsions dévastatrices. Tous les indicateurs socio-économiques grimpent mais la sécurité dégringole.

Je souhaite ainsi émettre des propositions concrètes.

– Appliquer la loi existante qui propose d’obliger un homme à quitter son foyer dans certains cas, de payer une allocation et de suivre des séances de « counselling ». La Cour pourrait éventuellement demander une saisie sur le salaire. Le gouvernement pourrait envisager une allocation pour subvenir aux besoins des enfants dès le dépôt de plaintes.

– Introduction à grande échelle de collèges mixtes, de cours sur l’éducation sexuelle et sur l’égalité des sexes; plus d’activités sportives, de concours intercollèges de dessins, de chants et de théâtre sur le thème de la violence.

– Rendre les « protection orders » plus efficaces avec un suivi d’une police de proximité, et formation des policiers à l’accueil des femmes battues.

– Une Cour de justice dédiée uniquement aux plaintes reliées aux femmes et enfants.

– Davantage de foyers d’accueil gouvernementaux avec un contrôle strict de la gestion et du personnel.

– Une victime courageuse devrait lancer un mouvement « #nuossi »  et devenir viral sur la toile et les journaux, comme le mouvement « #metoo » d’octobre 2017.

– Les journalistes devraient avoir un devoir de discernement et de discrétion. Par exemple, ne pas décrire les vêtements, le physique ou le mode de vie des victimes car cela peut créer la perception que la victime est coupable et ainsi déculpabiliser l’agresseur. Et terminer les articles avec le  « 139 », numéro de téléphone de secours gratuit pour violences sous le même toit.

STOP, BASTA, RUKJHA, ARRÊTEZ … la violence. RESPECTEZ la Femme.