Un nouvel élan a été donné ce matin à la stratégie africaine de Maurice avec le lancement du Mauritius Africa Fund. Avec un capital initial prévu dans le budget de Rs 500 M pour les cinq prochaines années, il sera placé sous la présidence du secrétaire financier Dev Manraj.
« Nous espérons pouvoir quadrupler son capital grâce à l’apport financier privé venant notamment des fonds d’investissement, des private equity funds et des fonds de pensions », a déclaré le Grand Argentier, Xavier-Luc Duval, qui présentait le fonds au ministère des Finances ce matin.
L’objectif principal du fonds est de donner plus de crédibilité aux investisseurs mauriciens grâce au parrainage du gouvernement. Il est intéressant de noter que les principaux concurrents de Maurice en Afrique bénéficient généralement du soutien institutionnel de leurs gouvernements respectifs. Le fonds se propose dans un premier temps d’accorder un maximum de 10 % du capital qu’une compagnie se propose d’investir dans un pays africain. Les entreprises intéressées peuvent soumettre leur demande au secrétaire financier.
Le ministre des Finances a rappelé que le gouvernement mauricien a formulé depuis trois ans une stratégie africaine, visant à faire de Maurice une plate-forme financière pour les investissements étrangers et mauriciens en Afrique. Les compagnies mauriciennes sont encouragées à investir dans les pays africains de manière à augmenter les investissements locaux sur le continent. L’idée est de permettre aux producteurs mauriciens de bénéficier d’une économie d’échelle en augmentant le volume de produits exportés dans les pays du continent. Des nouvelles perspectives d’emploi sont également offertes aux professionnels mauriciens.
Outre le fait que Maurice ambitionne d’être un centre régional en matière de services médicaux et d’éducation, elle souhaite également attirer les agences internationales afin qu’elles puissent installer leur quartier général dans l’île.  A ce propos, un Host Country Bill sera bientôt présenté. D’autre part, Xavier-Luc Duval fait comprendre que le port et l’aéroport de Maurice peuvent avoir un rayonnement régional dans le domaine portuaire et aérien.
Plusieurs agences orientées vers l’Afrique sont déjà  opérationnelles à Maurice. Le ministre a cité l’Africain Centre of Excellence, créé au niveau du BOI il y  a un an et demi. Ce centre reçoit en moyenne entre 100 et 150 requêtes par mois sur les facilités et l’environnement d’investissement dans les  pays africaines. Ce service est totalement gratuit. Par ailleurs, une quinzaine de projets d’investissements sont en chantier alors qu’une cinquantaine sont en préparation.
XLD a aussi fait mention de l’Export Credit Guarantee Scheme qui représente en quelque sorte une assurance en cas de non paiement pour des exportations en Afrique. Le plan, opérationnel depuis janvier, a déjà dépensé quelque Rs 800 M pour des transactions effectuées au Congo, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, en Ouganda, au Sénégal et au Zimbabwe, entre autres.
Le ministre a observé que 54% des compagnies enregistrées dans le centre offshore mauricien sont orientées vers l’Afrique.
Le volume d’exportations vers l’Afrique a enregistré une hausse sensible.   Cependant la baisse de la valeur du rand sud-africain ne facilite pas les choses surtout dans le domaine du textile.  
Le ministre des Finances a également évoqué l’introduction du Freight Rebate Scheme, qui permet aux exportateurs mauriciens de rester compétitifs.
Par ailleurs, comme annoncé dans le discours du budget, six conférences de propositions seront organisées par le BOI avec éventuellement une participation ministérielle cette année, à savoir au Nigeria du 10 au 11 avril, au Congo et Kenya en mai, au Mozambique en juillet, en Afrique du Sud en septembre et  au Burkina Faso en octobre. Du 24 au 26 juin, des agences d’investissement des pays africains seront invitées à se rencontrer à Maurice.