Afin de rétablir sa situation financière, la compagnie d’aviation nationale projette de vendre une partie de ses biens, à savoir le bâtiment Medcor – connu comme le bâtiment Air Mauritius – à Port-Louis, l’hôtel Cotton Bay de Rodrigues et une partie de ses services d’hélicoptère. C’est ce qu’a indiqué son Chief Executive Officer hier à Port-Louis. André Viljoën présentait le rapport financier 2011-2012 et les stratégies mises en place pour remettre la compagnie à flot. Il annonce ainsi que les actionnaires cherchent un partenaire stratégique. « Nous espérons commencer les discussions vers août-septembre de cette année », a-t-il dit.
Malgré une perte de 29,2 millions d’euros (environ Rs 1,2 milliard), Air Mauritius termine son année financière (au 31 mars 2012) avec 3,1 millions d’euros en banque. Pour le CEO de la compagnie nationale, c’est un point positif. André Viljoën indique qu’elle avait commencé l’année avec 14,9 millions d’euros. « We are not over debted », ajoute-t-il.
Le CEO d’Air Mauritius souligne aussi que la compagnie a transporté 1,3 million de passagers en 2011-2012. Trois facteurs ont influé de manière négative sur la situation financière : le prix élevé du carburant, la volatilité du taux d’échange euro-dollars et la baisse du nombre de touristes voyageant vers Maurice par rapport aux prévisions, surtout durant le dernier trimestre de cette année. La compagnie a augmenté sa capacité de transporter des touristes durant cette période, souligne-t-il. Il évoque aussi une baisse au niveau des demandes pour les activités cargo à cause de la crise dans la zone euro.
Pour remédier à la situation, Air Mauritius a mis en place un plan stratégique en sept étapes qui devrait prendre fin d’ici à mars 2014. Il devra donner les résultats escomptés si la situation globale demeure comme elle est à ce jour. La compagnie souhaite, entre autres mesures, revoir son réseau de service. Air Mauritius n’étant leader sur aucune destination, elle proposera désormais « un connecting network au lieu de desservir un point à un autre uniquement ».
André Viljoën affirme que de nombreux vols sont supprimés car ils ne rapportent rien à la compagnie. « Desservir un aéroport une fois par semaine n’est pas conforme aux normes pour être efficient », dit le CEO. Air Mauritius renforcera ses liens de partenariat avec d’autres compagnies d’aviation et compte revoir sa gestion commerciale. La formation du personnel est aussi prévue.
Le CEO d’Air Mauritius a aussi annoncé la vente du bâtiment Medcor, de l’hôtel Cotton Bay et d’une partie de ses services d’hélicoptère. La compagnie investira à l’aéroport et toutes ses activités se tiendront sous un seul toit « comme c’est le cas pour les plus grandes compagnies d’aviation à travers le monde ». « Une partie de l’argent obtenu des ventes sera investie dans le projet prévu à l’aéroport et l’autre partie sera mise en banque ». Le CEO devait également préciser que « we need cash reserve », en réponse à une question sur d’autres investissements avec cet argent.
André Viljoën souligne qu’il faut trouver un acheteur qui acceptera de payer le prix adéquat. « Jusqu’à présent, nous avons essayé de vendre le bâtiment mais nous n’avons trouvé personne acceptant le prix demandé ». Avec les mesures mises en place, il affirme qu’il y aura un « small loss » à la fin de la présente année financière. « A public compagny can’t give the forecast ».
Une huitième étape se tiendra en parallèle des sept autres. Elle consistera à trouver un partenaire stratégique. « We are not focussing on it internally. This is a shareholder matter ». Air France est actuellement un partenaire mineur d’Air Mauritius, souligne-t-il. « Mais là, je parle d’un partenaire plus important. Cela pourrait être Air France qui étendra son partenariat ou une autre compagnie aérienne ». Le nom d’Emirates est également cité.
« Air Mauritius invitera des compagnies potentielles à entamer des discussions avec elle », fait ressortir son CEO, qui espère qu’elles pourront démarrer dès août ou septembre. Cependant, précise André Viljoën en réponse à une question de la presse, « il n’y a aucune garantie que nous trouverons un partenaire ». Il déclare ainsi qu’il n’y a pas une période impartie pour ce faire.