Un souffle nouveau flotte actuellement sur la street dance. Les wake up sessions, organisées chaque mois, contribuent à faire vivre cette culture. La compétition Orange Street Dance a permis au public de découvrir de nouveaux talents.
Nous avons rencontré quatre des sept vainqueurs de ce concours. Ils nous parlent du renouveau de la street dance à Maurice. 
“Le hip hop est toujours en train de se renouveler. C’est une culture qui ne pourra jamais être détruite”, avance Arnaud Allijean. Le jeune homme de 23 ans, optimiste à souhait, explique qu’il est très heureux de la popularité qui, depuis quelque temps à Maurice, entoure le hip hop et les autres danses de rue.
Mais d’autres, comme Jean-Pierre Loval, émettent quelques réserves. “Le hip hop est une culture qui peut tomber si on ne fait rien pour la conserver. À Maurice, ce n’est pas très développé. Nous avons parfois l’impression de nous entraîner pour rien. La compète qu’Orange a organisée est un gros encouragement. J’espère qu’ils vont continuer.” 
Renouveau
Loin d’être une nouvelle vague, c’est plutôt un renouveau enclenché par une bande de jeunes désireux de vulgariser cette culture à Maurice et la maintenir au sommet. Les wake up sessions organisées chaque mois ont énormément contribué à relever la popularité de la danse de rue. Et l’Orange Street Dance a déclenché un véritable engouement autour de cette culture. Les battles sont revenues au goût du jour mais se pratiquent de plus en plus lors des compétitions que dans la rue. “À un certain moment, on n’entendait que de l’electro. Mais la danse de rue est en train de revenir sur le devant de la scène et c’est un vrai bonheur”, souligne Arnaud Allijean. 
Intérêt grandissant
Ce renouveau est également dû au fait que de plus en plus de jeunes s’y intéressent. C’est du moins ce que constatent nos interlocuteurs. “J’ai remarqué que les enfants adorent nous regarder danser et désirent apprendre. Nous avons même été agréablement surpris que des mamans nous aient demandé d’apprendre à leurs enfants comment danser. C’est encourageant”, confie Arnaud Allijean. Son rêve est de créer une école de hip hop où son groupe pourrait enseigner cette danse.
Mais le regard de certaines personnes vis-à-vis de la culture de la rue n’a pas beaucoup évolué, si l’on en croit certains danseurs. “Il y a toujours des gens qui nous prennent pour des fous quand ils nous voient danser dans la rue”, confirme Marcus Chavry. 
Mode de vie
Jean-Pierre Loval souligne que la danse de rue ne doit pas nécessairement être pratiquée sur la musique hip hop. Le RnB peut aussi faire l’affaire, tout comme le rap.
Nos interlocuteurs soulignent aussi que la street dance est une culture qui comporte des aspects autres que l’exécution de la danse. “C’est un véritable mode de vie. Il y a également le look vestimentaire, il y a le tagging ou encore le deejaying, souligne Arnaud Allijean. “Quand on sort, on est toujours habillé de vêtements stylés hip hop, sauf pour aller travailler.”
Il faut savoir que la danse hip hop se compose de deux styles généralement prisés lors des compétitions. Ils sont le locking et le b-boying. Dans le premier, le danseur reste debout. Le second, aussi appelé break dance, comprend acrobaties et voltiges. 
Reconnaissance
Les danseurs de rue ont souvent eu l’impression de ne pas pouvoir trouver de débouchés, mais les choses ont quelque peu évolué. Le groupe Da Movement Squad dont font partie Alain Allijean et Winsley Legris, apparaîtra dans le clip Cheri du rappeur Naz-B, qui a été tourné à Maurice au début de cette année. Jean-Pierre Loval et Marcus Chavry, en compagnie d’autres membres du groupe Flava Kids, qui ont obtenu leurs billets en remportant une compétition organisée un peu plus tôt dans l’année, seront à La Réunion le 30 octobre pour participer à la compétition Battle de l’Ouest. De bon augure pour les danseurs de rue, qui commencent à voir s’ouvrir certaines portes…