Stripteaseuses, call-girls et masseuses de charme, elles sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui à proposer ce type de service. Sandrine, Yashmeena, Christine et Dorianne se sont professionnalisées dans leurs domaines respectifs. Les intervenantes rencontrées affirment qu’user de leur charme leur rapporte de l’argent. Certaines sont même soutenues par leurs proches.
Des sous-vêtements en dentelle, présentés dans des couleurs sensuelles et attirantes : fuchsia, rouge, mauve. Quand Dorianne se prépare pour ses shows, aucun détail n’est laissé au hasard. Son but : se rendre sexy et séduisante pour accrocher le maximum de regards lorsqu’elle est sur scène. “Les clients ne sont pas là uniquement pour nous mater quand nous sommes à poil. Ils aiment lorsque nous agissons avec délicatesse. Que nous y allons avec subtilité, que ce soit dans nos gestes ou dans notre regard. Dans ce jeu de scène, les vêtements que nous portons sont des accessoires importants. Au fur et à mesure que nous les enlevons, la température monte d’un cran. C’est cela qui crée tout le charme du show.”
Trucs du massage.
Qui dit look dit aussi maquillage et coiffure. C’est aussi pour mieux séduire le client que Yashmeena veille à ce qu’elle soit in lorsqu’elle se rend à un rendez-vous. “Avant de passer à l’acte, je m’assure que le client se sent à l’aise. Pour ce faire, je joue de mon charme. Je mise énormément sur les préliminaires afin de lui donner un maximum de plaisir.” Caresses, baisers… pour une touche de sensualité et de mystère, sont des “p’tits trucs” favorisés par Yashmeena ainsi que la masseuse de charme Christine.
Pour cette dernière, ce sont “des petits plus que j’offre aux habitués de la maison lors des massages. Ils aiment quand on s’occupe d’eux de cette manière et qu’on soit aux petits soins. Ceux qui en sont accros en demandent toujours plus et proposent souvent que les rôles soient inversés”, raconte Christine.
S’amuser et s’assumer.
Elles sont de plus en plus nombreuses dans l’underground mauricien aujourd’hui à avoir choisi cette option pour gagner leur vie ou se faire un peu plus d’argent. C’est pour joindre les deux bouts que Sandrine, 25 ans, caissière de profession, a débuté comme call-girl, il y a trois ans. Aujourd’hui, “c’est pour rencontrer des gens et surtout pour m’amuser que je pratique ce métier”, confie-t-elle.
Employée de maison depuis un an et demi, Yashmeena, la trentaine, s’adonne, elle aussi, à cette activité, “pour le fun. C’est un travail qui me permet de me divertir tout en me faisant de l’argent”. Entre Rs 800 et Rs 1,000 : telle est la somme récoltée par ces jeunes femmes pour chaque rendez-vous.
C’est le “big boss”, comme elles le surnomment, qui fixe les rendez-vous, qui se déroulent le plus souvent en soirée. Un coup de fil la veille pour les prévenir, et le tour est joué. C’est le “big boss” lui-même qui s’assure du transport qui mène les filles à leur lieu de rencontre avec les clients. “C’est pour ne pas attirer des soupçons sur leurs activités nocturnes que ces derniers évitent de nous transporter dans leurs voitures. Ils sont très méfiants et préfèrent se rendre directement au pensionnat ou au campement loué pour l’occasion. Le “big boss” s’assure que les clients règlent la note avant de se rendre au rendez-vous. Un rendez-vous qui ne dure pas plus de deux heures”, raconte Yashmeena.
Relation.
Être call-girl est un boulot à temps partiel que les deux jeunes femmes pratiquent uniquement durant le week-end. Un choix qu’elles ont fait afin de pouvoir consacrer du temps à leurs proches.
Sandrine, qui élève seule sa fille de 4 ans, profite des jours de semaine pour s’amuser avec celle-ci. “Du lundi au vendredi, mes soirées sont consacrées à ma fille. Je profite de ces moments pour l’emmener au restaurant ou encore rendre visite à mes parents.”
En couple depuis trois ans, Yashmeena estime que ce n’est pas parce qu’elle est call-girl qu’elle ne peut s’engager dans une relation amoureuse. C’est d’ailleurs lors d’un rendez-vous de travail qu’elle a fait la connaissance d’Imran. “Il a d’abord été un client avant d’être mon amoureux”, confie Yashmeena. Ce qui lui a en quelque sorte facilité la tâche, “puisqu’il savait déjà ce que je faisais. Je n’ai pas eu à lui mentir. Il est au courant de toutes mes activités pendant le week-end.”
Secret.
Le compagnon de Yashmeena ne voit aucun inconvénient à ce que sa petite amie voit d’autres hommes pendant le week-end. Mais pour les parents de la jeune femme, cette révélation serait dramatique. S’ils apprennent que leur fille est call-girl, ils seraient capables du pire. “Comme me mettre à la rue ou encore ne plus m’adresser la parole. Je serai la honte de la famille, et cela m’effraie”, confie Yashmeena, dont la double vie demeure un secret pour les siens depuis cinq ans.
Masseuse de charme depuis deux ans dans un centre de spa qui se trouve dans l’ouest, Christine connaît également cette peur. Elle redoute qu’un de ses proches décide de lui rendre visite sur son lieu de travail. Comme on la prend pour une jeune femme remplie de principes, Christine sait que ce serait une grande déception pour sa famille si jamais elle apprenait la vérité.
“Hard” ou “soft”.
Souvent jugées et pointées du doigt par la société, Sandrine, Yashmeena et Christine n’éprouvent aucune honte à être call-girl ou masseuse de charme. “C’est un métier comme les autres, excepté qu’on change souvent de “collègues” et que les clients varient”, souligne Yashmeena.
Dorianne, 29 ans, dit assumer entièrement ce qu’elle est. “Il n’y a pas de quoi avoir honte de mon métier. Tant que je m’y plais, il n’y a aucun souci.” La jeune femme est stripteaseuse dans un pub du nord de l’île depuis sept ans. Outre de faire le show tous les soirs sur scène, Dorianne pratique également cette activité dans des soirées privées. “On fait souvent appel à moi pour des enterrements de vie de garçon, pour des soirées entre mecs et autres. Il y a même des filles qui font appel à mes services. Histoire de pimenter leurs fêtes”, raconte Dorianne. Pour une soirée, la stripteaseuse peut se faire entre Rs 1,200 et Rs 2,000. Le tarif varie selon le choix de catégories du client. Ce dernier peut opter pour un “show hard” ou un “show soft”.
Catastrophique.
Dans ce métier, souligne Dorianne, il est important de pouvoir compter sur ses collègues. En cas de dérapage, ces dernières peuvent être d’un secours certain. C’est pour cette raison que Dorianne se rend toujours à ces soirées privées en étant accompagnée de deux ou trois camarades.
Partageant cet avis, Christine, qui avoue n’éprouver aucune gêne à pratiquer des massages aussi bien à des femmes qu’à des hommes, se souvient encore de ses débuts difficiles. “C’était catastrophique. Je ne savais comment m’y prendre. J’étais embarrassée.” C’est l’une de ses collègues, qui compte quelques années de plus qu’elle, qui l’a aidé à se familiariser à son travail. En véritable professionnelle, Christine s’occupe aujourd’hui de pas moins de cinq clients quotidiennement. “Des habitués qui reviennent et qui exigent que ce soit moi qui les reçois”, raconte-elle fièrement.