L’exposition de robes haute-couture et de gravures et sculptures qui se tiendra à la boutique du styliste Perry Ah Why à Paris, est l’illustration même de l’échange et de l’émulation que deux domaines, la mode et les arts plastiques, ont entretenu pendant longtemps. Tout commença à Maurice avec Malcolm de Chazal, qui associa la mode à la modernité. Ceux qui l’ont connu, dont le peintre Vaco, disent que les motifs de ses peintures ont été peintes sur de larges robes. Aujourd’hui, l’échange entre ces deux domaines se fait avec deux jeunes stylistes : Anaïs Lionnet, Fabien Fauzou et le plasticien Vaco Baissac (Vaco). Du 2 au 7 mai 2013, douze robes signées de la Maison Lionnet-Fauzou et des gravures d’Alison Bignon seront visibles chez Perry Ah Why Créations, dans le IXe arrondissement de Paris.
Le styliste mauricien, qui se fait de plus en plus connaître dans le milieu parisien de la mode, a invité trois autres artistes à montrer leur savoir-faire et leur créativité sous un éclairage nouveau. Tout d’abord, il y a l’appartenance mauricienne et une reconnaissance internationale qui ressort de cette manifestation. Pendant une semaine, les robes de Lionnet-Fauzou seront exposées aux côtés des sculptures et gravures d’Alison Bignon. L’inauguration de l’exposition aura lieu le 2 mai en présence de l’ambassadeur de France à Paris, Jacques Chasteau de Balyon.
Que dire de cette merveilleuse collection initiée par Lionnet-Fauzou ? Une dizaine de robes inspirées par l’emblème « Île Maurice au soleil » cher à Vaco. Tuniques en soie, robes aux motifs fleuris assorties de perles et autres accessoires, pantalons, bustiers ornés de patchworks : les travaux d’Anaïs et de Fabien nous acheminent vers une dérive féconde, vers une respiration rêveuse, vers une totale liberté dans les couleurs et les formes.
La construction, les matériaux, les contours obéissent à l’inspiration des deux jeunes stylistes. Ils sont partis de l’univers très coloré de Vaco pour créer des oeuvres qui ne sont pas des reproductions des toiles du peintre, mais des créations librement inspirées de l’esprit du plasticien. Lionnet-Fauzou crée un dynamisme dans les formes et les articule dans un espace neuf de mots et de choses. En témoigne la tunique portée ici par Vanessa, égérie de la Maison Lionnet-Fauzou, photographiée par Julien Venner : une pièce en soie blanche avec des motifs fleuris cousus à la main. Le col est assorti de colliers également travaillés à la main.
Si nous deux jeunes élaborent ensemble les silhouettes, c’est Fabien qui donne la touche finale aux travail. La sagesse consiste à accepter le travail de l’autre en dépit des différences. Avec ces rythmes prélevés de la terre mauricienne, l’océan, la langue maternelle, l’exposition des stylistes mauriciens à Paris sont signe d’un renouveau que le créateur Perry Ah Why attend avec impatience.