Plus de 90 employés étaient rassemblés ce matin devant la biscuiterie Subana à Bell-Village – n’ayant pas eu accès à leur lieu de travail malgré le préavis du 22 octobre. Cette situation fait suite à l’annonce de la restructuration de la compagnie. Représentés par la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), les principaux concernés auront une réunion mardi au ministère du Travail avec le patronat et les autorités compétentes en vue d’assurer le versement de leurs salaires et de leurs indemnités.
« Nu finn vinn travay zordi parski dan nu pre-avi, patron finn inform nu ki nu pou aret travay le 22 oktob me nu pa pe gagn akse nu plas travay », soutient Sharmila Doomjy. D’ailleurs, cette situation intrigue aussi que Jemini Latchmun. Ces deux saleswomen, qui travaillent dans la boutique située au rez-de-chaussée de Subana, s’interrogent sur leurs rémunérations. « Nu sipoze travay zisko 22 oktob me ena kadna nu pa pe gayn akse. Ki pu ariv nu lapey ? » se demandent-elles.
Outre leur licenciement annoncé dans une correspondance de la direction le 23 septembre, les employés s’inquiètent du paiement de leurs salaires et de leurs années de service. Mahendra Bhoyroo, un des porte-parole des salariés de Subana, parle d’une « irrégularité » dans l’exercice de paiement ces quatre derniers mois. « Selon le directeur de l’entreprise, c’est la crise financière qui a contribué à la dégradation de la situation. Mais nous, les employés, savons tous que cela est dû à une mauvaise gestion », a-t-il soutenu au Mauricien. Et de rappeler par ailleurs les nombreuses lacunes notées au sein de Subana depuis plusieurs années.
Pour Jane Ragoo, présidente de la CTSP et représentante syndicale des employés de Subana, les conditions de licenciement des employés résultent des nouvelles mesures de l’Employment Rights Act (EriA) et l’Employment Relations Act (ERA). « Ces lois ne préconisent pas les droits des travailleurs. Au contraire, pour les licenciés de moins de 60 ans aucune compensation ne leur sera accordée. D’ailleurs, nous observons que les licenciés sont tous âgés de moins de 50 ans. Qu’adviendra-t-il de ces mères de famille qui ont travaillé toute leur vie dans cette entreprise ? », observe-t-elle. Et d’estimer qu’il sera difficile pour ces personnes de trouver de l’emploi surtout avec les difficultés économiques actuelles. Selon elle, un préavis de trois mois aurait dû être en vigueur. La restructuration que prévoit le nouveau acquéreur, Freelance Distributors, ne permet pas à tous les licenciés d’obtenir un poste dans l’entreprise. « Selon nos informations, seuls 20 % seront réembauchés », soutient Dev Gungabissoon, un employé.
Interrogé au téléphone, Anouj Takoordyal, directeur général de Freelance Distributors dont les locaux se trouvent à Bel-Étang, a indiqué que « pas plus d’une trentaine d’employés seront réembauchés ». « Nous ne pouvons nous permettre d’opérer avec plus de personnel. Les employés de Subana rejoindront ceux de Freelance Distributors qui eux sont déjà une quarantaine. »
La CTSP soutient que seul un contrat de trois mois assure un poste aux licenciés de Subana. « Ki dir nu ki sa bann employe-la pa pou remplase par maindev etranzer ? » À l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avons pas été en mesure d’obtenir un commentaire du directeur général de Subana, Noopnarain Sukaye.
Les employés réclament la transparence sur ce dossier. « Il est temps que le directeur général de Subana joue franc jeu », disent-ils. Ils participeront à la manifestation prévue dimanche à partir de 10 heures à Rose-Hill par Platform Kont Nouvo Lalwa Travay.