Le taux de 90% de présence à l’école, exigé des candidats pour bénéficier de la subvention totale des frais d’examens de SC/HSC, ainsi que l’Eligibility Conditions Form que devraient signer les parents, continuent de soulever pas mal de commentaires et de critiques dans les collèges. « Ces deux mesures prises par le ministère contiennent de grosses lacunes et ce sont les enfants qui en font les frais », estiment plusieurs chefs d’établissements. D’autres estiment que la mesure relative à « 90% de présence » serait « illégale ».
« Government will meet the full cost of the SC/HSC/GCE examination fees only for school candidates attending State and Private grant-aided and Private fee-paying Secondary Schools registered with the PSSA and sitting for the above examinations for the first time subject to the candidate having an attendance level of at least 90% », dit le ministère de l’Education dans une circulaire envoyée aux collèges en date du 5 mai dernier. La période applicable pour ce taux de présence exigé a débuté le 18 mai 2015 et prendra fin à la date officielle de la distribution du “time-table” des examens, soit vers la mi-septembre. Selon la décision du ministère, le candidat avait droit, durant l’année scolaire 2015, à un maximum de 10 absences et, pour l’année en cours, « the 90% attendance rate will entail absences of not more than 15 days cumulated during the academic year ». Les périodes d’examens internes, les congés d’école officiels et les absences « due to prolonged illness supported by medical certificates » ne sont pas inclus dans ces 25 jours d’absences acceptés par l’école.
« Comment peut-on exiger que le candidat soit présent à l’école pendant un nombre de jours fixés alors que ses profs sont autorisés à prendre leur “vacation leave” pendant les deux premiers trimestres scolaires ? » relèvent avec agacement des chefs d’établissements. En effet, d’après les règlements du PRB, tout professeur confirmé à son poste a droit à 19 jours de congé par an (autres que “sick leave” et “casual leave”). Mais il peut tout aussi bien garder ces 19 jours dans sa « banque de “vacation leave” » et prendre avantage de ces jours de congé accumulés plus tard dans sa carrière.
Certes, dans le secondaire d’Etat, le ministère a recours aux “supply teachers” (contractuels) pour assurer les remplacements en cas d’absence prolongée. Mais aux dires des recteurs, cette formule ne donne pas les résultats escomptés. « Comment voulez-vous que les élèves soient motivés à venir à l’école quand, pour certaines matières, on n’a pas de “supply teachers” ? » demandent des recteurs.
D’après ces Eligibility Conditions Form, le “responsible party” doit rembourser la totalité de 100% des fees payés par le Mauritius Examinations Syndicate si son enfant n’a pas satisfait au critère de « 90% school attendance ». Cette mesure est « illégale et va à l’encontre de l’égalité des chances », sont d’avis des professionnels de l’Education. « En clair, cela veut dire qu’un enfant dont les parents ont les moyens financiers pour rembourser ces “fees” peut se permettre de rester à la maison et prendre part aux examens en tant que “school candidate” alors qu’un autre enfant, qui n’a pas la possibilité de rembourser, doit impérativement respecter les “90%”, même s’il est seul en classe pendant toute la journée », lance une mère de famille.
Des parents souhaitent aussi des clarifications au sujet des “medical certificates” pour soutenir les absences relatives aux maladies. Les certificats médicaux signés par des médecins du privé sont-ils acceptables ou le ministère exige-t-il uniquement des attestations données par les médecins du service public ? « Il n’y a aucune raison de ne pas accepter de certificat medical délivré par un médecin du privé si celui-ci est dûment enregistré auprès du Medical Council », réagit le recteur d’un collège d’Etat. Mais il semblerait que certains responsables de collèges donneraient dans l’excès de zèle en ne reconnaissant que les certificats médicaux délivrés par les médecins de l’État. Le Mauricien n’a pu obtenir du ministère de l’Education des précisions à ce sujet.
Les chefs d’établissements ont été priés de faire le nécessaire pour une “smooth implementation” de la politique du gouvernement concernant la subvention des frais d’examens. Or, la mesure concernant l’Eligibility Conditions Form à l’intention des parents n’est pas appliquée de la même manière dans toutes les écoles. S’il est vrai que tous les parents ont reçu ce formulaire, sur lequel ils doivent apposer leurs signatures, confirmant ainsi leur acceptation des critères pour l’obtention de cette subvention, en revanche, tous ne l’ont pas encore renvoyé à l’école, contrairement à une directive du ministère. Certains recteurs ont obligé les parents à renvoyer ce document le jour suivant en brandissant la menace d’un éventuel retrait de candidature de leur enfant aux prochains examens de SC/HSC. « Nous ne pouvons pas mettre un couteau sous la gorge des parents pour les obliger à rendre cet Eligibility Conditions Form, qui n’a aucune valeur légale, et nous n’avons pas le droit non plus de ne pas enregistrer un candidat à ces examens », réagit pour sa part le recteur d’un collège d’Etat.