L’année 2014 débute sous le signe de la mobilisation dans le camp des syndicats de l’industrie sucrière regroupés au sein du Joint Negotiating Panel (JNP) en vue de la conclusion des négociations pour un nouveau Collective Agreement. En effet, une centaine de délégués syndicaux réunis à la mi-journée au QG de l’Agricultural and General Workers Union (AGWU) à GRNO ont entériné la décision de convoquer une assemblée de tous les laboureurs et artisans de l’industrie sucrière pour le samedi 15 février en vue de prendre connaissance des contre-propositions de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et de décider de la marche à suivre quant aux prochaines étapes des discussions. L’une des revendications syndicales concerne une révision salariale pour arriver à un salaire minimal de Rs 13 700 par mois.
Dans la conjoncture, le mood parmi les délégués syndicaux de l’industrie sucrière est à la combativité. Et pour cause, comme le résume Ashok Subron, un des animateurs du JNP après la réunion de la mi-journée : « Lors des négociations pour le Collective Agreement en 2013, les employés de l’industrie sucrière ne disposaient pas du droit de grève. Mais en 2014, avec les amendements à la loi, tel n’est plus le cas et nous disposons de l’arme du droit de grève dans notre arsenal et nous comptons nous battre jusqu’au bout », a-t-il fait comprendre en substance.
Les syndicalistes qui sont intervenus à la réunion, Serge Jauffret, Devanand Ramjuttun, Lall Dewnath, Alex Mootoo et Ashok Subron, ont exprimé le souhait de voir la MSPA soumettre ses contre-propositions avant l’échéance du 15 février en vue de permettre aux laboureurs et artisans de pouvoir les commenter et prendre les décisions qui s’imposent. « Toutefois, l’un des points fondamentaux porte sur la Fair Trade Certification, dont se prévaut le Syndicat des Sucres pour ses exportations. Cette étiquette de commerce équitable veut tout simplement dire que les exportations sur le plan mondial ont été produites dans des conditions de travail décent. Nous nous attendons à voir la MSPA se prononcer sur cette proposition pour un partage équitable de la richesse générée par la réforme de l’industrie sucrière à Maurice », poursuit Ashok Subron.
Dépendant de la prise de position de la MSPA concernant l’exigence syndicale que le prochain Collective Agreement soit en conformité aux Fair Trade Specifications, plus particulièrement au chapitre de l’embauche des travailleurs saisonniers et contractuels, les dirigeants syndicaux n’écartent pas la possibilité d’une campagne de dénonciations du Syndicat des Sucres sur le plan international pour non respect des conditions de commerce équitable.
Les autres revendications portent sur une révision salariale avec la mise en pratique d’un salaire minimal de Rs 13 700 par mois, que tout changement dans le Shift System  et le travail pour cas de force majeure soit basé sur l’accord intervenu entre le JNP et le groupe Terra l’année dernière et aucune remise en question des droits acquis susceptible de porter préjudice aux laboureurs et artisans de l’industrie sucrière.
Les animateurs de la réunion syndicale du jour ont commenté la performance financière des différents groupes sucriers au cours de ces dernières années en soutenant avec force que « kan nu get bann konpanye sikriye, nu pa kapav get zis disik. Se bann konpanye integre, ek restriktire. E tu konpanye sikriye florisan zordi. Zot rantabilite pa finn afekte avek bes pri disik EU. Zot pe kontinye pey gro dividend. Zot pe kontinye fer enn to profi sibstansyel. Zot assets pe ogmante ». Ils devaient également égrener les montant des profits générés par les opérations au sein des groupes Omnicane, Alteo et Terra.
Dans cette même perspective, le JNP suit de près la réaction et la prise de position du gouvernement, par le truchement du ministère du Travail et des Relations industrielles sur ce dossier aussi sensible à une année des prochaines élections générales. « Eski MSPA ek Guverman kapav afford enn nuvo konfli indistriyel dan enn sekter kot travayer repite istorikman pu ena misk indistriyel ek fer lagrev kan zot pa satisfe avek so kondisyon travay? » lance Ashok Subron en guise de conclusion pour situer l’enjeu des prochaines étapes des négociations menant à un Collective Agreement dans l’industrie sucrière.