En cette fin de semaine, un nouveau foyer de tensions dans le monde du travail se précise. En effet, le Joint Negotiating Panel (JNP) des syndicats de l’industrie sucrière, comprenant la SILU, l’UASI, l’AGWU et l’OUA, se prépare à mettre en branle les procédures menant au déclenchement d’une grève des laboureurs et des artisans de l’industrie cannière à partir du 12 novembre. Néanmoins, le Pr Ved Prakash Torul, président de la Commission de Conciliation et Médiation (CCM), a tenté une dernière tentative pour faire avorter cette action syndicale.
Depuis hier, la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et le Joint Negotiating Panel syndical sont en présence d’une nouvelle proposition pour une révision salariale de l’ordre de 15 % présentée par la CCM. Mais en fin de journée, hier, il n’y avait réaction officielle de la MSPA alors que dans les milieux syndicaux, l’on fait comprendre que l’heure du deadlock a déjà sonné dans ce litige industriel sur la révision des salaires des laboureurs et des artisans de l’industrie cannière.
Cette augmentation salariale de la CCM est de 15 %, échelonnée sur une période de quatre ans, soit 7,5 % pour la première année, deux hausses annuelles successives de 2,5 % et enfin 3 % lors de la quatrième année. La proposition du Pr Torul est nettement inférieure aux 40 % – ensuite ramenés à 38 % – réclamés par le Joint Negotiating Panel lors d’une précédente séance de médiation avec le patronat de l’industrie cannière.
La position de la MSPA, 8,5 %, a été maintenue pendant toute la période de négociations sous la présidence du Pr Torul. Dans la journée d’hier, le management de la MSPA a contacté les producteurs sucriers pour une analyse de ce nouveau développement en vue d’une réaction.
De sources syndicales, l’absence d’une réponse de la MSPA à cette proposition de la CCM est perçue comme une fin de non-recevoir. « Depuis la déclaration de ce litige, la MSPA a maintenu ses positions initiales sur la question des salaires sans formuler de nouvelles propositions. Du côté des syndicats, nous constatons que cette initiative de la CCM est intervenue en dehors de la limite car le deadlock dans les négociations est consommé depuis plusieurs jours déjà. D’ailleurs, le rapport de la CCM à cet effet et découlant du respect des dispositions de la loi sera rendu public mardi à 13 heures », a déclaré au Mauricien Ashok Subron, négociateur du JNP.
À ce stade, la loi régissant les relations industrielles prévoit que si les Negotiating proposals de la CCM ne sont pas acceptées, tout litige devra faire l’objet d’un arbitrage au niveau de l’Employment Relations Tribunal. De son côté, le JNP peut avoir recours au droit de grève. Dans cette dernière perspective, avec la déclaration formelle de deadlock mardi prochain, les syndicats passeront à l’étape active dans les préparatifs de la grève.
Dès le 28, les laboureurs et artisans des propriétés et compagnies sucrières seront appelés à se prononcer par voie de bulletin secret sur la grève annoncée à partir du 12 novembre, soit en pleine campagne électorale, littéralement au lendemain du Nomination Day.
Cette nouvelle étape dans les tensions industrielles au sein de l’industrie sucrière contraste avec la situation dans l’industrie du transport en commun, où les dirigeants de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) attendent les décisions du conseil des ministres du jour. Des changements majeurs dans les conditions de travail pour les employés des compagnies de transport en commun sont à prévoir.
Très probablement à partir de la fin de cette année, les chauffeurs et receveurs de bus des compagnies privées, de la Corporation Nationale de Transport et des opérateurs individuels pourront aspirer à un increment de Rs 175 par an après dix ans de service et des changements dans les conditions pour les jours de congé de maladie et de détente. Après le Legal Advice du State Law Office, l’UBIW devra voir plus clair quant à l’adoption de la grille salariale préconisée depuis février dernier par le National Remuneration Board (NRB).
Une nouvelle rencontre entre le gouvernement, dont le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et des représentants de l’UBIW pourrait avoir lieu en début de semaine prochaine pour éliminer la menace de grève dans l’industrie du transport en commun.