Les premiers conteneurs de quelque 6 000 tonnes de sucre blanc destiné à l’Europe pour le compte de Cristalco et de British Sugar seront embarqués à partir de la semaine prochaine, a annoncé le directeur du Mauritius Sugar Syndicate (MSS), Devesh Dukhira, ce matin. Ces exportations marquent le début de la mise en oeuvre des accords conclus par le Syndicat des sucres avec Cristalco et British Sugar au début de l’année. Ces deux compagnies remplaceront Südzucker, dont le contrat avec le Syndicat des sucres arrive à terme le 1er octobre prochain.
Aux termes d’un contrat de quatre ans (2015-2019), la compagnie française Cristalco commercialisera 130 000 tonnes de sucre mauricien chaque année. Cristalco est le bras commercial du groupe français Cristal Union, l’une des plus grandes coopératives betteravières d’Europe, engagée dans la production de sucre de betterave, d’alcool et d’éthanol. British Sugar, filiale d’AB Sugar, commercialisera 100 000 tonnes de sucre blanc mauricien en Grande-Bretagne et en Europe.
Ces accords s’inscrivent dans le cadre de la préparation de Maurice à la rude compétition qui interviendra avec la libéralisation du marché sucrier européen en 2017. Maurice exporte environ 300 000 tonnes de sucre blanc vers l’Europe et environ 120 000 tonnes de sucres spéciaux vers l’Europe, les États-Unis ou le Moyen-Orient. Les accords conclus avec Cristalco, British Sugar et Real Foods permettent aux producteurs mauriciens d’avoir accès à des marchés niches.
En termes de compétition, l’Inde a déjà annoncé sa volonté de porter ses exportations sucrières à quelque 4 millions de tonnes. Pour atteindre cet objectif, l’Inde pourrait accorder des subsides à ses producteurs. Une bonne partie de cette production est exportée vers les pays africains où une demande croissante est enregistrée suite à l’amélioration de la qualité de la vie sur le continent. La production sucrière mondiale est estimée à 180 millions de tonnes dont 43 % sont produites au Brésil. 40 % de la production du sucre est destinée à la consommation locale et le reste au marché mondial. Tenant en compte une croissance annuelle de 2,3 % de la consommation, un déficit de sucre sur le marché mondial est attendu l’année prochaine. Ce qui pourrait donner lieu à un rééquilibrage du prix, actuellement en baisse sur le marché mondial.