La Chambre d’Agriculture prévoit une production de 390 000 tonnes de sucre contre 420 000 tonnes initialement, selon un communiqué diffusé hier après-midi. Au 30 juillet, environ 21 % des superficies avaient déjà été récoltées, quelque 838 832 tonnes de canne usinées, et 77 972 tonnes de sucre produites.
La Chambre d’agriculture observe que durant les mois de juin et juillet, les conditions climatiques ont été, de manière générale, pas très éloignées de la normale. Les différences de températures entre les minima et les maxima ont été supérieures à la normale dans tous les secteurs et les heures d’ensoleillement ont été également plus longues. La pluviométrie cumulée à travers l’île depuis octobre 2010 s’élevait à 92 % de la moyenne à long terme.
Les premières observations couvrant l’ensemble du pays viennent cependant bouleverser l’estimation de la récolte établie au début de juin dernier, précise le communiqué de la Chambre. En effet, avec le prolongement de la période sèche jusqu’en décembre 2010, il était clair que la canne devait rattraper son très mauvais départ — à fin janvier 2011, elle affichait seulement 64 % en termes de hauteur moyenne comparée à l’année précédente. Cependant, en dépit des conditions climatiques favorables qui ont prévalu depuis le début de 2011, le rattrapage espéré de la canne ne s’est finalement pas matérialisé.
En fait, alors que la canne à la fin de mai affichait une hauteur moyenne de 98,9 % par rapport à l’année dernière, et que l’on estimait que sa croissance compensatrice attendue s’était effectivement matérialisée, tel n’est pas le cas. Après une période de croissance réduite à quatre mois seulement, de janvier à avril, et avec subséquemment en mai une entrée en phase de maturation qui se trouve en conflit direct avec le développement de sa biomasse, la canne s’est finalement peu affirmée, notamment en termes de poids. Elle porte donc à ce jour les séquelles de la période sèche de fin 2010.
À fin juillet, la productivité aux champs au niveau des propriétés s’élevait en moyenne à 73,9 tonnes de canne à l’hectare, alors qu’elle affichait 83,0 tonnes l’année dernière. La situation est particulièrement difficile dans les secteurs centre, est et sud. À cette même date, la richesse moyenne se mesurait à 12,6 %, contre 13,9 % en 2010 et 13,4 % en 2009.
À ce jour, l’estimation de la production sucrière de l’année 2011 est donc revue à la baisse, à 390 000 tonnes, contre 420 000 tonnes initialement. La production de canne projetée tournerait autour de 3,85 millions de tonnes et le taux d’extraction attendue devrait se situer aux alentours de 10 %. À titre de comparaison, en 2010, 4,36 millions de tonnes de canne furent récoltées et avaient produit 452 473 tonnes de sucre avec un taux d’extraction de 10,37 %.
Cette deuxième estimation de la récolte est établie à l’issue de la réunion du Crop Estimate Coordinating Committee, tenue hier et présidée par la Chambre d’Agriculture. Le Crop Estimate Coordinating Committee regroupe le Mauritius Sugar Industry Research Institute, les établissements sucriers, la Farmers Service Corporation, le Sugar Insurance Fund Board, la Mauritius Sugar Authority et le ministère de l’Agro-industrie. La Chambre d’Agriculture assurera un suivi régulier de la situation et réunira à nouveau les parties concernées au début du mois d’octobre.