Un bras de fer oppose l’hôtel du gouvernement aux syndicats du transport en commun et de l’industrie cannière d’obédience de la General Workers Federation (GWF) sur la possibilité de deux grèves quasiment en pleine campagne électorale. Du fait de l’appel lancé samedi par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, réitérant son souhait que les syndicats n’aient pas « recours à des grèves précipitées », le Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière – comprenant la Sugar Industry Labourers Union (SILU), l’Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI), l’Agricultural and General Workers Union (AGWU) et l’Organisation pour l’unité des artisans (OUA) – met la dernière main au processus de vote des laboureurs et des artisans en vue d’un débrayage à partir du 12 novembre. De son côté, l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) prévoit une réunion de son exécutif jeudi pour avaliser la décision d’une grève dans l’industrie du transport en commun début décembre, soit vers le 2. Dans une déclaration au Mauricien à la mi-journée, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s’est appesanti sur le fait qu’il n’est pas dans ses habitudes de céder aux ultimatums.
Des négociations salariales ayant échoué avec la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), sous la supervision de la Commission de Conciliation et de Médiation (CCM), les ultimes tractations ont été initiées depuis ce matin, avec la perspective d’une grève dans le sucre le 12 novembre. Ainsi, des représentants du Joint Negotiating Panel se sont rendus au ministère du Travail et des Relations industrielles pour une séance de travail avec le chef du Cabinet sur les procédures à suivre.
Les échanges ont porté sur l’organisation du vote par bulletins secrets des laboureurs et artisans sur la grève du 12 novembre. Les dispositions de la loi prévoient que ce scrutin se déroule impérativement sous le contrôle du Supervising Officer du ministère du Travail. Pour des raisons pratiques, le vote, qui devait démarrer demain, a été repoussé de 24 heures. Mercredi, les laboureurs du Nord et de l’Est se prononceront donc sur l’éventualité d‘une grève alors que ceux du Sud, notamment d’Omnicane, participeront au vote jeudi. Le dépouillement se déroulera le lendemain, soit vendredi, dans les locaux du ministère du Travail à la Victoria House.
Le vote pour les laboureurs est prévu lundi dans le Nord et l’Est et mardi dans le Sud. Depuis ce matin, le ministère du Travail a pris contact avec les compagnies sucrières concernées pour obtenir une liste officielle des employés faisant partie de la Bargaining Unit et ayant droit de vote.
Pour ce qui est de l’industrie du transport, l’UBIW compte réunir son bureau exécutif jeudi pour décider de la marche à suivre, avec la menace d’une grève dans le transport en commun pour le 2 décembre, date décidée initialement par le syndicat. « Premyerman da ka transport, UBIW ti ekut lapel Ramgoolam pu demar negosyasyon olye al dan lagrev. Me Ramgoolam pa finn tini parol ki li done dan negosyasyon. Li finn rekile lor kestyon increment bann travayer transport ek finn adopte pozisyon patronal ek shakeel Mohamed lor grille salaryal NRB. Dezyem, li ti promet enn dezyem rankont sa semenn-la pu sey finaliz enn lakor, me li pa finn onor so parol », déclare Ashok Subron.
En prévision de la réunion de jeudi, une campagne de mobilisation a été lancée sur les différents sites de travail, notamment à la Rose-Hill Transport Ltd, à la Triolet Bus Service Ltd et à la Corporation Nationale de Transport. Les travailleurs de l’industrie du transport, les laboureurs et les artisans de l’industrie sucrière vont répondre à l’appel lancé par le Premier ministre dans les jours à venir. Interrogé sur le fait de savoir si les syndicats rejettent l’appel au dialogue du Premier ministre, Ashok Subron répond : « Navin Ramgoolam sollicite un vote de l’électorat et nous lui demandons de respecter le vote des employés du transport, des laboureurs et des artisans sur la grève. »