L’étude socio-économique et environnementale concernant les répercussions sur l’abolition des quotas sucriers internes sur le marché de l’Union européenne à partir de 2017 a été confiée à la firme de consultants britanniques, Landell Mills International Ltd. C’est ce que confirme officiellement la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) après un exercice d’appel d’offres. Devant l’urgence des problèmes auxquels doit faire face l’industrie cannière compte tenu de la chute dramatique du prix du sucre à l’exportation, les autorités s’attendent à être en présence des recommandations des consultants étrangers dans un délai de six semaines, coïncidant avec l’installation du nouveau gouvernement au cas où des élections générales anticipées sont organisées au cours de la première quinzaine de novembre. Avant même les premières consultations, des voix discordantes se font entendre pour contester le choix de LMC International Ltd. vu que cette firme a déjà agi en tant que consultants pour la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et a contribué à l’élaboration de la MAAS, « rapport contesté par Navin Ramgoolam ».
La nouvelle configuration du marché de sucre à l’exportation, avec l’annonce de l’abolition des quotas de l’Union européenne à compter de 2017, dont les effets se font déjà sentir au vu d’une réduction dramatique des prix aux producteurs, est l’une des raisons majeures justifiant cette étude en prélude à l’élaboration d’un plan d’action. « According to some studies, the abolition of EU sugar quotas coupled with a volatile world market may create uncertainty and volatility in the price of sugar in the EU Market (our main preferential export market) which may result in lower export earnings which are currently the main revenue stream to the planters’ community. Thus, there is urgent need for action”, soulignent les attributions de cette étude socio-économique et environnementale.
Une autre urgence porte sur l’abandon des champs de cannes pour diverses raisons, dont le vieillissement de la population des petits et moyens planteurs et la réticence de la jeune génération à prendre la relève. « With all the challenges which are looming in the immediate future and have serious impact on the cane sector there is therefore an accelerated need to review all the threats and challenges and opportunities and formulate a new action plan », fait ressortir la MCIA en allouant le contrat à LMC International Ltd.
Quatre objectifs ont été définis pour assurer la viabilité à long terme de l’industrie cannière, soit une évaluation de l’impact de l’élimination des quotas de sucre en Europe à partir de 2017, la mise en place de mesures transitoires en vue d’atténuer les effets sur l’industrie cannière en général et avec un accent sur les petits planteurs, des estimations des coûts de ces répercussions aussi bien que la présentation de modes de financement alternatifs, dont le soutien de l’Union européenne.
En principe, Landell Mills International Ltd s’apprête à compléter cette étude dans un délai de six semaines en vue de permettre au gouvernement d’entériner des mesures nécessaires. « The overall objective is to ensure that the sector continues to be viable and sustainable, plays its multifunctional role and that it continues to contribute in a significant manner in the development of the socio economic framework of the country. Simultaneously, the viability of all the stakeholders of the industry, in particular the more vulnerable one, i. e. the small planters and metayers, needs to be safeguarded so that they continue their operation in a profitable and sustainable manner and in so doing support the overall development of the sector », s’appesantit la MCIA.
Ainsi, dès la semaine prochaine débutera une série de consultations préliminaires avec les Stakeholders de l’industrie cannière alors que d’autres parties concernées par les problèmes de ce secteur ont jusqu’au 15 pour se faire connaître auprès du Chief Executive Officer par intérim de la MCIA. Mardi prochain, les représentants de Landell Mills International à Maurice, soit des consultants de DBO, Gowreesungkursing Rajpati et Afsar Ebrahim, animeront une série de rencontres avec des institutions de l’industrie cannière alors que jeudi sera consacré aux organisations des planteurs, petits et grands comme l’association des petits planteurs, les représentants des syndicats, le Syndicat des Sucres, la Chambre d’Agriculture et la Mauritius Sugar Producers Association.
Les consultants étrangers de Landell Mills International devront se joindre subséquemment avec leurs partenaires mauriciens dans un deuxième temps pour compléter l’exercice engagé et procéder à la rédaction du rapport final.
Le choix de Landell Mills International Ltd pour entreprendre une aussi importante étude de l’industrie cannière n’est pas accueilli favorablement au sein du Joint Negotiating Panel syndical. « Nous protestons contre le choix de cette firme de consultants. C’est un choix des plus inappropriés dans la conjoncture car Landell Mills a déjà été recruté en tant que consultants de la MSPA et a contribué au rapport de MAAS, qui est contesté par le Premier ministre. Nous aviserons de notre stand en temps et lieu », a déclaré Ashok Subron, animateur du JNP, regroupant quatre syndicats de ce secteur.