L’industrie cannière est sous la menace d’une grève des laboureurs et des artisans le 12 novembre prochain. C’est ce qui a été décidé hier, lors d’une assemblée générale des travailleurs de ce secteur convoquée au centre social Marie reine de la Paix par les quatre syndicats réunis sous le Joint Negotiating Panel (JNP). D’ici la fin de cette semaine, la Commission de Conciliation et Médiation (CCM) tentera une médiation de la dernière chance en vue de déjouer cette menace d’action syndicale dans le sucre avec le compte à rebours enclenché à 13 h 30 aujourd’hui. La possibilité d’une action syndicale entre les employés du sucre et du transport en commun, autre secteur en ébullition industrielle, n’est pas à écarter.
Les quelque 1 500 laboureurs et artisans de l’industrie sucrière aussi bien que ceux employés dans les raffineries de sucre, les centrales thermiques de même que les saisonniers ont adopté trois résolutions unanimement :
– la menace d’une grève dans ce secteur à partir du 12 novembre, soit littéralement à la veille des élections générales anticipées avec un exercice de vote entamé du 20 au 25 octobre prochain aux termes des dispositions de la loi,
– un ultimatum à la Commission de Conciliation et de Médiation au 3 octobre pour boucler les consultations entre les parties, et
– feu vert à la campagne de mobilisation sur le terrain pour défendre les intérêts de la « classe ouvrière » face à des alliances politiques pro-patronat.
Intervenant, Ashok Subron, un des représentants du JNP, a fait un plaidoyer en faveur de l’unité des travailleurs dans la conjoncture politico-syndicale, des liens indissociables entre la lutte sur le plan politique et syndical et « lagrev kuma zarm ek zuti dan emansipasyon sosyal, kont dominer ek explwatasyon ».
Auparavant, le négociateur de la General Workers Federation a souligné que « an 2012, kan ti ena pu pran dezisyon pu defye enn lord inzist de ERT, ek le 18 Desam 2013, kan ti ena pu deside pu al manifeste divan Parlman, kan ti atak drwa de grev travayer, se bann tribun ek bann martyr de la klas uvriyer, kuma Anquetil, Pandit Sahedoo, Cure ek Anjalay, ki finn inspire nu ».
Ashok Subron a ajouté qu’il existe de fortes possibilités autour d’une action syndicale concertée dans le sucre et le transport en commun le 12 novembre. Cette décision est actuellement à l’étude à la GWF en consultation avec les employés concernés.
Le syndicaliste Serge Jauffret, considéré comme la cheville ouvrière de la mobilisation sur le terrain, s’est appesanti sur le fait que « personn pa pou kapav aret masinn ki finn fini demare, si bann baron sikriye fer zot latet dir lagrev pu bel e byen ena lye ! » Il a également rendu hommage à Ashok Subron pour son engagement aux travailleurs face à « une campagne menée contre lui par l’oligarchie sucrière ».
Lall Dewnath de l’Agricultural and General Workers union (AGWU) n’a pas ménagé le leader du MMM, qui avait déclaré samedi que les actions industrielles ne sont pas les bienvenues en période de transition électorale. « Se pa nu desid kalandriye bann lalyans elektoral ek eleksyon. Nu, nu azir selon nu kalandriye revandikasyon, negosyasyon ek mobilizasyon », devait-il faire comprendre sous les applaudissements de l’assistance.