Les effets de l’abolition du quota interne sur le marché européen, prévue pour octobre 2017, se font déjà sentir sur l’industrie sucrière mauricienne, a souligné hier le président sortant du Syndicat des Sucres, Naresh Gujadhur, qui a cédé la place à Hector Espitalier-Noël.
« Alors que le prix du sucre sur le marché mondial continue à baisser, que le surplus estimé à 3,4 millions de tonnes dans la production sucrière globale persiste, les changements prévus sur le marché de l’Union européenne affectent déjà les revenus à l’exportation du Syndicat des Sucres, causant un véritable choc à l’industrie sucrière », constate Naresh Gujadhur. En effet, le prix du sucre a chuté de Rs 15 830 à Rs 12 694 en une année. Entre-temps, l’inflation cumulée depuis 2011 est estimée à 75 %. « N’était-ce certaines provisions contenues dans les accords commerciaux du Syndicat des Sucres, le prix aurait été encore plus bas. Le seuil garanti dans le cadre de l’accord de partenariat avec Südzucker, les prix de sauvegarde pour les sucres spéciaux dont les prix ont baissé moins rapidement que le sucre blanc, la bonne gestion des revenus en devises étrangères ont permis une contribution supplémentaire de Rs 1 855 par tonne de sucre aux producteurs. L’industrie opère actuelle en deçà du prix viable », a dit Naresh Gujadhur. Dans ce contexte, il a remercié le gouvernement pour avoir accordé un supplément de Rs 2 000 par tonne de sucre pour la récolte de 2014 et un montant additionnel de Rs 1 400 par tonne de sucre aux petits planteurs. À cela s’ajoute la dispense concernant les prix d’assurance à la SIFB. « Grâce à ces aides les producteurs ont pu respirer et couvrir leurs coûts opérationnels ». Le président sortant a estimé que l’année 2015 sera également difficile. Il a, par conséquent, lancé un appel au ministre de l’Agro-industrie pour que les soutiens financiers soient renouvelés.
Le directeur du Syndicat des Sucres, Devesh Dukhira, a lui aussi remercié le gouvernement pour le soutien accordé aux producteurs. Il a attiré l’attention sur le risque d’importer le sucre à un prix très bas en raison des subventions accordées dans les pays exportateurs et a souhaité que des mesures soient prises pour protéger les producteurs. « We thank you for the support being provided by your ministry in considering safeguard measures to protect our producers from such market distortion and unfair trade practices. Your will appreciate we are not only losing our competitive edge in exports parkets, but such subsidised imports are displacing our sugars locally », a-t-il déclaré.
Le directeur du Syndicat des Sucres a aussi souhaité que la stratégie gouvernementale visant à faire de Port-Louis un « regional hub » tienne en compte l’importance des facilités de stockage pour le sucre. Il a dans ce contexte évoqué la possibilité que Maurice se positionne comme un « regional sugar hub » qui tiendrait en ligne de compte nos seulement l’exportation du sucre blanc mais également l’importation des sucres roux des pays de la région pour être raffinés à Maurice.