L’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC) déclare, par la voix de son président, Suttyhudeo Tengur, que l’industrie sucrière, aujourd’hui appelée « cannière », se trouve dans une situation difficile depuis 2007. Mais la vraie difficulté, dit-il, est prévue dans deux ans après la libéralisation du marché européen, qui sera alors inondé d’un volume conséquent de sucre.
Selon M. Tengur, le prix du sucre devrait alors baisser davantage que les Rs 2 000 actuelles de manque à gagner (de Rs 16 000 la tonne à Rs 14 000 ou moins la tonne), que les producteurs devront subir en 2014 et 2015. « Les plus affectés seront les petits producteurs car ils sont très vulnérables. Ils ont déjà abandonné environ 30 000 arpents de terres agricoles depuis 2008 et ne cessent de le faire », dit-il.
M. Tengur affirme : « Sans les petits producteurs, cette industrie est vouée à l’échec. Ce n’est pas avec Rs 2 000 par tonne de sucre que l’État s’apprête à offrir aux petits planteurs que leur situation s’améliorera et qu’on sauvera leur production annuelle, soit d’environ 100 000 tonnes de sucre, autrement dit un quart de la production totale du pays », déclare-t-il. Et d’affirmer que les risques de voir disparaître cette industrie dans quelques années sont réels « si les mesures appropriées ne sont pas prises maintenant pour la sauver ».
« Que faire face à une telle situation ? » se demande-t-il. « Commençons d’abord par augmenter la part de sucre des petits producteurs, actuellement de 78%. Les usiniers ne peuvent pas prélever 22% de sucre de la part des petits producteurs rien que pour broyer leurs cannes. Environ 10% est un coût raisonnable. Donc, augmentons la part des petits producteurs à 90%. Ensuite, augmentons le prix de la bagasse qu’ils vendent aux centrales thermiques à quelques centaines de roupies par tonne de bagasse et non pas à Rs 7 par tonne de cannes fournie à l’usine. Car ces centrales thermiques vendent l’électricité produite à partir de la bagasse au prix fort au Central Electricity Board (CEB). Il était question, il y a quelque temps, d’une participation des petits producteurs à hauteur de 35% dans le capital des Independent Power Producers (IPP). Où en est-on avec ce projet ? Finalement, qu’en est-il de la participation des petits et moyens producteurs dans la production d’éthanol ? ».