La Commission Femmes du MMM se dit vivement préoccupée par le mal-être qui gagne de plus en plus les jeunes et qui les pousse vers une tendance suicidaire. Cette instance s’appuie sur les chiffres donnés récemment par le Premier ministre au Parlement concernant le nombre de suicides/tentatives de suicides parmi les enfants et les adolescents ces dernières années pour dire que la situation est inquiétante.
Les responsables de cette commission remettront aujourd’hui à plusieurs ministères concernés par la santé et le bien-être des jeunes un document dans lequel elles livrent leurs réflexions à ce sujet, et qu’elles ont présenté à la presse hier. Cette commission du MMM demande au gouvernement de nommer rapidement un comité interministériel pour examiner en profondeur le problème.
Les responsables de cette commission soulignent que les députés du MMM ont déjà interpellé la ministre de l’Égalité des genres, du Dévelopement de l’enfant et du Bien-être familial au sujet des cas de suicide touchant les très jeunes et qu’elles ont été « outrées » par les réponses reçues. « Pressée de questions au Parlement, Mireille Martin a révélé que son ministère n’a pas de politique de prévention par rapport au suicide chez les enfants et les adolescents et qu’on réfère ces cas au ministère de la Santé ou à celui de la Sécurité Sociale. Elle trouve sa réponse satisfaisante et la répète à plusieurs reprises. Ce qui nous pousse à dire que son ministère agit comme un bureau de poste. Mme Martin a précisé que son ministère n’est concerné que par les cas de violence avec une tendance suicidaire qui lui sont référés. Nous constatons que des enseignants, des parents et des travailleurs sociaux tirent eux aussi la sonnette d’alarme sur cette détresse des enfants et des jeunes qui conduit certains à mettre fin à leur vie tandis que la ministre du Bien-être de la Famille se contente d’agir que lorsque des cas de violence à tendance suicidaire sont référés à son ministère. Comment ne pas être indigné par une telle attitude ? » soutient Lysie Ribot, présidente de cette instance féminine du parti mauve.
Selon la Commission Femmes du MMM, les statistiques de ces six dernières années de même que les chiffres des cinq premiers mois de 2012 révèlent une situation alarmante et il est impératif, à son avis, de prendre des actions urgentes. D’où l’appel lancé au gouvernement pour nommer un comité interministériel pour analyser les causes qui peuvent pousser les enfants et les adolescents au suicide et élaborer ensuite un plan de prévention. À signaler que l’an dernier, la police a enregistré sept cas de suicide parmi les teen-agers et 90 cas de tentatives de suicide parmi les enfants et les adolescents. Depuis le début de l’année, il y a eu au moins cinq cas de suicide parmi ce même groupe d’âge. « Les recherches ont prouvé que pour chaque cas de suicide enregistré, il y a dix autres cas de tentatives de suicide. Nous pouvons déduire que les cinq premiers mois de cette année il y a eu au moins 50 tentatives de suicide », affirment les dirigeantes de cette commission.
La Commission Femmes du MMM prie les autorités d’adopter les mesures qui sont recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé pour contrecarrer les risques de contagion du problème parmi les jeunes. Cette commission féminine appelle aussi à la responsabilité des médias et leur demande de ne pas mentionner la méthode de suicide afin de ne pas donner des idées aux jeunes ni de médiatiser certains types de suicide. Parmi les autres propositions : un programme de prévention dans les établissements scolaires primaires et secondaires ainsi qu’au niveau universitaire ; un soutien aux familles touchées par un suicide ; une cellule d’écoute et d’accompagnement dans les écoles avec des personnes formées pour cette tâche ; un soutien aux ONG engagées dans le travail de prévention contre le suicide.