La mesure visant à rendre l’éducation gratuite dans les institutions tertiaires du gouvernement n’inquiète vraiment pas les responsables des institutions tertiaires privées.  Ces écoles, qui représentent des universités étrangères dont la plupart européennes et asiatiques, planchent sur des stratégies pour se démarquer d’autres institutions en offrant une qualité d’éducation accrue qui prépare l’étudiant de manière holistique et le rend plus facilement employable…

« Il est un peu tôt pour savoir si cette mesure aura un effet sur nous. Mais il est vrai que lorsque nous offrons gratuitement, la demande sera présente. Cette mesure aura forcément un effet sur notre population estudiantine», soutient Subheer Ramnoruth, directeur de la Whitefield Business School. Si cette mesure se fait sentir dans le nombre de ses étudiants, il soutient qu’il faudra s’adapter à cette nouvelle donne. En ce sens, il travaille avec son équipe quant aux stratégies à mettre en place. L’une d’elles se situe au niveau des cours offerts. Alors que la gratuité offerte se rapporte plutôt aux « undergraduate », son école se focalisera sur le  » post-graduate ».

Pour ce directeur, l’éducation offerte par la Whitefield Business School est « holistique ». « Nous mettons l’accent sur la qualité et la flexibilité ». Un avantage qui, selon lui, est permis par les écoles privées. Son établissement, qui représente des universités reconnues au niveau mondial, dont une présente dans 50 pays, ajoute-t-il, permet à l’étudiant de débuter son cours à Maurice et le terminer dans un autre pays. Évoquant le problème de « duplication » dans plusieurs établissements tertiaires, Subheer Ramnoruth propose une tout autre lecture. Pour lui, son école se focalise sur des « priority areas », et les cours offerts permettent aux étudiants d’obtenir un emploi à l’issue de leurs études. « Plus de 95% de nos étudiants sont employés après leurs cours. Certains même avant la fin », dit-il.

À la Amity Institute of Higher Education à Ébène, cette mesure consolidera la concurrence dans le secteur de l’éducation tertiaire. « Cette mesure aura probablement un effet sur un grand nombre d’institutions privées du fait que la compétition des institutions publiques sera plus rude », avance le Dr Dhananjay Keskar, vice-chancelier et directeur de cette institution. Selon lui, en tant qu’institution tertiaire privée, les frais sont plus élevés que ceux pratiqués dans les institutions publiques.

« Ce fossé augmentera davantage », dit-il mais reste toutefois confiant que certains étudiants continueront d’opter pour les universités privées. « De ce fait, nous n’attendons pas un impact important à la suite de cette mesure », fait-il ressortir. L’éducation tertiaire gratuite, dit-il, sera bénéfique aux étudiants venant d’une couche sociale moins fortunée.

Même si l’impact ne serait pas important, le vice-chancelier Keskar soutient que l’institution continuera de se focaliser sur ses forces qui sont entre autres, sa qualité d’éducation, les stages, l’employabilité et les échanges internationaux. « Amity Institute of Higher Education attire un grand nombre d’étudiants étrangers », ajoute-t-il. Selon lui, les avantages offerts aux étudiants sont multiples. Et d’avancer que « nos programmes sont destinés à l’industrie. Les stages sont obligatoires. Nous avons une bonne interface entre l’industrie et notre milieu ». Alors que plusieurs étudiants issus des universités se plaignent souvent d’être au chômage, il soutient que son établissement s’efforce à accroître l’employabilité des étudiants en les aidant à trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme.

Cette mesure n’aura pas nécessairement un effet sur son école. « Les institutions privées et publiques visent deux segments différents du marché. À la Rushmore Business School comme dans les autres institutions tertiaires privées, nous offrons des programmes menant à une qualification internationale. Chez nous, tous les cours sont britanniques. Il y aura toujours une demande de la part de plusieurs parents et leurs enfants qui optent pour un diplôme étranger », soutient le Dr Nitin Essoo, directeur de cette institution. Cette mesure, dit-il, est une bonne décision de la part du gouvernement. « Cela permet d’ouvrir l’accès à l’éducation tertiaire. À Maurice, les ressources humaines sont la seule richesse naturelle qu’on a. Alors, c’est impératif qu’on continue à accroître les connaissances et développer les aptitudes des jeunes Mauriciens, et ce, gratuitement. Il y aura certainement une hausse dans les demandes d’inscriptions mais il faut veiller à ce que la qualité prime ».

Quant à la stratégie à développer, il avance qu’elle est simple. « Comme toute organisation privée quel que soit le secteur, il faut se réinventer systématiquement. Nous ajusterons nos techniques de marketing et adopterons une politique qui sera une win-win situation pour l’école et les étudiants. Nous ciblerons davantage des étudiants étrangers, surtout africains ».

Evoquant des avantages de la Rushmore Business School, le Dr  Essoo avance qu’ils sont multiples. « D’abord, nous avons un campus moderne avec des équipements de dernière technologie. Nous sommes très exigeants concernant la qualité et le professionnalisme des Lecturers. Les critères d’admission sont aussi stricts pour les étudiants. Il y a un constant monitoring de nos cours par nos partenaires britanniques, comme la Leeds Beckett Univerfsity, la Stalford University de Manchester et Pearson, entre autres. Nous débutons cette année de nouveaux cours d’ingénierie de la fameuse City and Guilds de Londres. Nos cours introduits tout récemment comme Aviation, Spa and Wellness et l’Executive MBA sont très prisés », dit-il.

La RBS offre des cours à quelque 800 étudiants. « Nous sommes convaincus que ce nombre va s’accroître davantage cette année. À la Rushmore Business School, outre le marketing et la profitabilité, notre priorité, c’est l’avenir et le bonheur des étudiants », fait-il ressortir.