Si certaines mesures annoncées par le ministre de l’Industrie Ashit Gungah sont favorablement accueillies par les importateurs de véhicules de seconde main, toutefois réduire l’âge de véhicules importés à trois ans au lieu de 5 ans est comme signer ‘l’arrêt de mort’ du secteur. Le président de l’IDVA (Imported Vehicles Dealers’ Association), Zaid Ameer est d’avis que le ministre n’a pas été bien renseigné.
“On est contre la mesure de réduire le nombre d’années d’un véhicule de seconde main qui peut être exporté. Le ministère a signé ‘l’arrêt de mort’ du secteur,” soutient Zaid Ameer, président de l’IDVA. Selon lui, cette mesure handicapera les importateurs de véhicules de seconde main qui faisaient venir des véhicules à Maurice comme préconise les lois concernées. Selon lui, auparavant, ces importateurs pouvaient importer des véhicules allant de zéro à 60 mois. Il explique qu’au Japon, les personnes qui achètent un véhicule neuf ne l’utilisent pas plus de trois ans, soit après la période où ils doivent renouveler leur assurance et leur vignette. De ce fait, les importateurs locaux importent ces véhicules car ils ne seront plus utilisés par les propriétaires une fois qu’ils les ont vendus. “Je crois que le ministre doit revoir sa copie. Nous comptons faire des représentations car nous pensons qu’il n’a pas obtenu les bons renseignements,’ mentionne-t-il.
Dans le cas de l’importation des véhicules tout-terrain, le porte-parole de l’association avance que ce type de véhicule n’est plus importé car les gens préfèrent les tous-terrain qui viennent de Chine à cause de leur prix. Pour lui, il n’y a aucune raison valide à limiter l’âge d’importation. Au niveau des autres types de véhicules qui sont utilisés pour le transport des marchandises, Zaid Ameer constate que la décision du ministère de l’Industrie va dans le mauvais sens. “Ces véhicules sont importants pour le développement du pays et des petites et moyennes entreprises,” fait-il ressortir. Le président constate que limiter l’âge de ce type de véhicule à cinq ans ne favorise pas le secteur.
L’une des mesures du ministère de l’Industrie est l’augmentation de la garantie bancaire qui passerait de Rs 2 millions à Rs 5 millions. Selon le président de l’IVDA, avant d’augmenter cette limite, le ministère aurait dû s’enquérir de l’opération de tous les showrooms. Selon lui, certains centres d’automobiles ne pourront pas offrir une garantie bancaire au delà de Rs 2 millions. S’agissant des autres mesures, le président de l’IVDA soutient qu’il était temps de stopper l’arnaque des agents et de mettre de l’ordre dans le secteur.
Pour rappel, lors d’une conférence de presse, vendredi dernier, le ministre de l’industrie Ashit Gungah a annoncé un certain nombre de mesures concernant l’importation de véhicules de seconde main. A partir du 1er juillet prochain cinq mesures entreront en vigueur et entraîneront des  amendements de la Consumer Protection Control Of Imports Regulations Act de 1999 et de l’Importation of Sale of Second Hand Vehicle Regulation de 2004 :
l Les numéros de châssis devront être au complet et le Vehicle Identification Number (VIN) permettra à tout propriétaire de voiture d’avoir l’historique de son véhicules.
l Les Auction Sheets devront désormais être en anglais, tout comme le grading. Ce grading, selon le ministre, doit également figurer sur le Preshipment Inspection Certificate (PSI).
l Aucun nouveau permis ne sera délivré aux nouveaux importateurs de véhicules pour les deux ans à venir au minimum. Actuellement, 91 entreprises importent des véhicules et elles sont obligées d’importer au moins dix véhicules par an.
— Les garanties bancaires passent de Rs 2 millions à Rs 5 millions.
— Les importateurs devront uniquement importer des voitures et des dual purpose vehicles âgés de 18 mois à trois ans. Le first registration des vans et des autobus ne devra pas dépasser trois ans, contre cinq ans et huit ans respectivement dans le passé. Les autres véhicules transportant des marchandises, eux, ne devront pas dépasser cinq ans. S’agissant des motocyclettes, aucun changement n’est prévu pour leur importation.
Une période moratoire de six mois est donnée aux importateurs avant que les nouveaux règlements ne se soient effectifs.
Par ailleurs, les agences d’inspection, qui ont la responsabilité de livrer un PSI pour indiquer la provenance des véhicules, devront signer un accord avec le ministère de l’Industrie pour que des informations authentiques soient données. « Au cas contraire, elles seront radiées de la liste des agences d’inspection », annonce le ministre. Ces agences devront aussi soumettre une garantie bancaire de USD 100 000 en faveur du gouvernement mauricien. Le ministre avance que pour donner plus de satisfaction aux clients, d’autres certificats seront maintenant demandés, notamment un Road Worthiness Certificate ainsi qu’un historique complet du véhicule depuis sa mise sur route. La garantie offerte sur les véhicules de seconde main par les importateurs, elle, passe désormais de six mois à un an. Concernant les pièces détachées, les importateurs seront obligés de déclarer leur temps de garantie. Dans la même veine, désormais les importateurs devront offrir un service après-vente et devront posséder affilier à un garage. Une fois les amendements aux lois appliqués, une personne désirant acquérir un véhicule devra obligatoirement passer par un importateur enregistré au ministère de l’Industrie.