Même si la position initiale du Premier ministre, Navin Ramgoolam, était de confier à la Mauritius Broadcasting Corporation la tâche de rencontrer Rehana Ameer en vue de trouver une solution, il est confirmé qu’un changement est intervenu juste après la conclusion des échanges sur la Private Notice Question à l’Assemblée nationale, hier. La responsabilité d’assurer le suivi de la mise à exécution du rapport du Fact Finding Committee sera assumée par des officiels du Prime Minister’s Office (PMO).
Dans les milieux proches de Rehana Ameer, la Traffic Officer licenciée par la MBC le 2 décembre 2010, l’on avance que les premiers contacts ont été établis par des représentants du Prime Minister’s Office dès la mi-journée d’hier. Mais aucune des sources approchées n’a voulu confirmer si le premier rendez-vous pour passer en revue les différentes options a déjà été fixé. Tout semble toutefois indiquer qu’il devrait se dérouler dans les premiers jours de cette semaine.
Néanmoins, même si à l’Assemblée nationale, la nécessité de réintégrer à son poste la présidente de la Mauritius Broadcasting Corporation Staff Association a fait l’unanimité, il semblerait que dans la pratique, cette démarche représente une remote possibility. Et pour cause !
« ? juste titre, le leader de l’opposition a soulign? qu’il serait humiliant de demander ? Rehana Ameer d’aller de nouveau devant le directeur g?n?ral et le pr?sident du conseil d’administration de la MBC pour trouver des solutions au litige. Cette m?me logique devrait s’appliquer pour la r?int?gration de Rehana Ameer au sein de la Corporation, vu qu’elle y sera pour le reste de sa carri?re », indique-t-on de sources bien informées.
Le Reconciliation Package qui pourrait être proposé à Rehana Ameer devrait ainsi comprendre des éléments autres qu’un retour à la MBC, susceptibles de réparer l’injustice et de laver l’affront de ces onze derniers mois. Mais les détails devront faire l’objet de consultations entre les deux parties.
Par ailleurs, les recoupements d’informations effectués par Week-End confirment que le Fact Finding Committee de l’ex-Senior Magistrate Denis Vellien, est extrêmement sévère à l’égard de la direction générale de la MBC dans le cas de Rehana Ameer. L’auteur du rapport n’a nullement digéré l’affront fait par le directeur général de la MBC, Dan Callikan, aux institutions tombant sous la tutelle du ministère du Travail et des Relations industrielles.
Le rapport Vellien, qui a recommandé que les amendes prévues dans la loi pour ce délit spécifique doivent être augmentées pour décourager les « faiseurs d’esprit », souligne qu’il est du devoir de tout responsable de répondre positivement à toute convocation des institutions de la République. À ce stade, il est bon de rappeler que dans la Rehana Ameer Saga, le directeur général de la MBC n’avait pas obtempéré aux convocations du ministère du Travail et des Relations industrielles.
Un des épisodes cités dans le rapport du Fact Finding Committee pour étayer les preuves d’unfairness de la part de la direction de la MBC à l’encontre de Rehana Ameer concerne « la fameuse lettre anonyme et hautement diffamatoire ». Le rapport accuse la direction de la MBC de cibler spécifiquement la présidente du syndicat, alors que d’autres, probablement dans les bons papiers de la direction, n’ont été nullement inquiétés.
Le rapport cite des cas où des employés de la MBC, qui ont été vus photocopiant ce document litigieux, n’ont eu aucun compte à rendre. Supputant une vendetta contre Rehana Ameer, le rapport va plus loin en laissant comprendre que parmi ceux qui ont mené l’enquête, certains avaient eux-mêmes les mains trempées dans ces dénonciations diffamatoires.
Ces premiers éléments du rapport permettent de mieux comprendre le refus du Premier ministre de rendre publique le rapport du Fact Finding Committee Vellien.