Sujata Sudarshan, directrice du Overseas Indian Facilitation Centre (OIFC) et responsable de dynamiser le contact commercial entre les membres de la diaspora indienne et la Grande péninsule, estime dans un entretien accordé au Mauricien que Maurice est surtout connue en Inde comme une destination touristique. « Lorsqu’on parle d’affaires et de plateforme idéale pour l’Afrique, ce sont, pour nous les opérateurs indiens, de nouvelles informations », soutient-elle en précisant qu’il reste beaucoup à faire pour promouvoir l’image de notre pays en Inde.
L’OIFC a organisé vendredi une table ronde commerciale indo-mauricienne sur les possibilités d’engagement économique pour la diaspora indienne dans la Grande péninsule. Vos objectifs ont-ils été atteints ?
L’idée de cette table ronde était de permettre aux membres de la diaspora indienne dans la région de se familiariser avec les services que leur offrent les autorités indiennes afin d’accroître leur engagement commercial avec l’Inde. Elle permet aussi de promouvoir le centre et les opportunités et le potentiel existant dans différents secteurs de la Grande péninsule. Nous sommes satisfaits d’ailleurs du taux de participation de la diaspora régionale.
Est-ce que la rencontre a été un succès ?
Dans une large mesure, oui. Une réunion n’est cependant pas suffisante. Nous aurons à poursuivre nos efforts afin d’établir un contact durable avec les opérateurs à Maurice et de continuer un dialogue bilatéral permanent.
L’OIFC peut être une plateforme pour les entreprises indiennes qui cherchent à établir des échanges à Maurice et vice-versa. Le but de la table ronde du centre était de rassembler les dirigeants d’entreprises et la diaspora indienne en vue d’établir des liens commerciaux et d’étudier les investissements bilatéraux entre les deux parties.
Les prises de contact entre les hommes d’affaires indiens et de la diaspora ont-elles été fructueuses ?
Certains membres de la délégation indienne ont voulu prendre contact avec des opérateurs intéressés à faire des affaires aussi bien à Maurice qu’en Inde. Ceux ayant participé à la rencontre sont très heureux du résultat.
Cette table ronde a aussi été l’occasion pour les autorités d’attirer les opérateurs indiens à Maurice…
Tout à fait. La coopération doit se faire dans les deux sens. Il s’agit d’encourager une collaboration entre les deux pays de manière à ce que les Indiens puissent également investir à Maurice.
L’on a aussi fait état du partenariat entre l’Inde et Maurice pour des investissements en Afrique…
Exact. Maurice veut être une plaque tournante vers l’Afrique. Et elle peut avoir cette ambition même si plusieurs importantes compagnies indiennes traitent déjà avec certains pays africains…
Vous êtes à votre première visite à Maurice en tant que directrice du OIFC. Est-ce que cela vous a permis d’avoir une autre vision de notre pays ?
Les Indiens connaissent surtout Maurice comme une destination touristique. Lorsqu’on parle des affaires et de plateforme idéale pour l’Afrique ce sont pour nous, les opérateurs indiens, de nouvelles informations.
Y aura-t-il un suivi à cette table ronde commerciale ?
Nous poursuivrons nos relations et maintiendrons le contact avec les opérateurs mauriciens. Nous allons aussi nous assurer que les affaires se concrétisent des deux côtés.
L’OIFC a-t-il conclu des accords avec des institutions mauriciennes ?
Nous encouragerons des partenariats entre les opérateurs économiques et des associations de “people of indian origin”. L’OIFC ne compte pas s’impliquer dans ces relations avec des organisations privées. Nous envisageons toutefois de conclure des accords avec les chambres de commerce et d’industrie.
Quel est le rôle du OIFC ?
L’OIFC a été créé en 2007 par le gouvernement de l’Inde à travers son ministère des Affaires étrangères avec pour objectif d’aider la diaspora indienne à mieux communiquer avec la Grande péninsule et de l’épauler dans son engagement économique avec ce pays. Il découle d’un partenariat public-privé entre le ministère indien des Affaires étrangères et la Confédération des industries indiennes.
Le centre a été mis sur pied pour servir de guichet unique en termes de facilitation, que ce soit dans les domaines de l’information, l’engagement économique, du partage de connaissances et des négociations avec les États indiens qui aident la diaspora indienne, les professionnels, les petits et les moyens entrepreneurs à créer ou à renforcer les relations bilatérales avec l’Inde.
Opérant sous l’égide du gouvernement indien, du ministère indien des Affaires étrangères et de la Confédération des industries indiennes, avec le soutien du réseau Knowledge Partners, des États indiens et des associations de la diaspora indienne, l’OIFC jouit d’une crédibilité et d’une impartialité pour le service rendu aux Indiens dans le monde. Le centre est régi par un conseil d’éminents indiens d’outremer, de dirigeants de l’industrie et de décideurs de haut niveau au gouvernement.
Quelles sont les activités du OIFC ?
Les Indiens d’outre-mer portent un grand intérêt à être impliqués dans le progrès et le développement de l’Inde. Ils souhaitent investir dans les marchés financiers, les financements du capital ou le démarrage de nouveaux projets dans des industries différentes. Ils rencontrent cependant des obstacles et ne peuvent concrétiser leurs projets en raison d’un manque d’informations crédibles et d’accessibilité aux personnes appropriées. C’est à ce niveau que l’OIFC intervient. L’organisme apporte des réponses, élimine les doutes et soutient les Indiens d’outre-mer à réaliser leurs projets dans leur pays d’origine.
Les activités sont réparties en deux catégories : la facilitation et la diffusion d’informations. L’OIFC traite les requêtes dans diverses domaines : conseils en investissement étranger, autorisations réglementaires, études de marché, identification commune du partenariat, financement de projets, comptabilité, fiscalité, juridique, investissements, entre autres. Pour ce faire, il bénéficie du soutien de ses experts et de ses partenaires, dont les banques et les firmes privées spécialisées dans l’investissement par des « non resident indian », l’accès au marché, la fiscalité etc.
Au niveau de la facilitation, l’OIFC aide à préparer le plan d’action des projets et à démarrer une entreprise. Par ailleurs, son site web www.oifc.in agit comme un portail de réseau d’affaires. Il offre la possibilité de connaître les Indiens à travers le monde, les représentants du gouvernement et les experts de l’industrie indienne à travers des rencontres et des forums organisés dans diverses régions du globe où il existe une forte concentration de population de la diaspora indienne. Cela permet de démontrer le potentiel des opportunités d’affaires en Inde et proposer une plate-forme pour la facilitation des affaires dans la Grande péninsule.
L’OIFC aide aussi les États indiens à stimuler les possibilités d’investissement dans les projets des indiens d’outre-mer en renforçant leur engagement dans leur pays d’origine. Ainsi des représentants d’Assam, du Bihar, du Gujarat, d’Haryana, de Jharkhand, du Karnataka, du Kerala, du Maharashtra, d’Odisha, du Punjab et du Rajasthan siègent au conseil du centre comme partenaires d’États.