Cela a été fait en catimini, mais la nouvelle n’en fait pas moins jaser. La députée du MSM Pratibha Bholah passée au PTr et nommée Parliamentary Private Secretary et dont l’époux est le directeur de la National Development Unit a vu ses deux enfants récemment «placés», le fils à la cellule Events du Prime Minister’s Office et la fille à la MBC, organisme devenu un refuge pour accommoder les proches du pouvoir. En fait, pour s’assurer une majorité, le Premier ministre a dû payer le prix fort puisque l’autre grand bénéficiaire de la générosité de l’État n’est autre que le transfuge Jim Seetaram qui, dès son retournement de veste, de l’orange au rouge, a vu deux des projets de sa famille exécutés à grande vitesse: ceux de Sarako et du téléphérique.
Loin d’être des cas isolés ne concernant que des transfuges, ce phénomène de népotisme a été un trait marquant de la manière de gouverner de ces dernières années. Un inventaire des nominations et autres projets facilités par le gouvernement suffira pour l’établir. Le Premier ministre lui-même, d’abord. Il avait commencé par s’attacher les services de son beau-frère, Vijay Joypaul, comme conseiller à l’international et speech writer, avant que ce dernier ne décide de prendre le large et de vaquer à ses occupations personnelles.
Mais plus scandaleux, c’est la manne tombée entre les mains des agents des deux sexes qui, un jour ou l’autre, ont gravité autour du leader du PTr, Navin Ramgoolam. La valise à millions de Heman Bangaleea, l’îlot Gabriel, la Boat House à Trou aux Biches, les jet skis à Jayraj Woochit, le Conseil de district de Pamplemousses au frère Ranjiv Woochit, le Ritum Coffee du Pandit Sungkur et la saga de la compagnie PadKam. Sans compter les terres de l’État octroyées à Draupadee Ramjoorawon, une cousine. Il y a aussi le premier cercle, avec l’Airway Coffee de Nandanee Soornack – le café, ça les connaît! – avec le petit ami népalais de la fille aînée qui a, lui aussi, trouvé le chemin des studios la MBC, les bonnes affaires de Rakesh Gooljaury, le petit commerçant qui négociait les contrefaçons avant de se convertir dans l’authenticité des grandes marques, l’homme de confiance à qui le PM confiait les clés de son bungalow personnel et qui a eu la chance d’obtenir un terrain à Ébène, de commencer à construire un immeuble avant d’avoir la bonne idée de la vendre à la SICOM, l’assureur d’État. C’est, décidément, la baraka lorsqu’on est proche du PM!
Plus discret, le vice-PM Rashid Beebeejaun dont on a peut-être dit un peu rapidement et à tort que c’est lui qui a été à la base du développement tous azimuts des activités et de l’influence de la compagnie de son beau-frère, Dawood Rawat, la British American Investment, la réalité voulant que ce dernier ait davantage accès, en fait, au PM lui-même au point d’avoir fait nommer un de ses proches dans des compagnies offshore, Lionel Obadia, comme conseiller économique à l’ambassade mauricienne à Paris.
Bien qu’il soit maintenant dans l’opposition, Xavier Duval, qui a longtemps été No.3 du gouvernement PTr/PMSD, n’a pas dérogé à la règle. Lui qui avait déjà placé son cousin Thierry Henry comme candidat, avait aussi placé le fils adoptif de son père, Richard Duval, à la tête la State Property Development Company et sa tante Ghislaine Henry à la présidence du Tourism Welfare Fund. Le premier a dû abandonner son poste dans le sillage de l’accident de la route qui a fait couler beaucoup d’encre et remis à la mode l’antitussif Benylin et la seconde a été sèchement renvoyée aussitôt que le leader du PMSD a quitté le gouvernement.