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  • Les autorités financières du pays scrutent cette affaire datant de juin 2018 avec l’implication alléguée d’une banque mauricienne dans un blanchiment d’argent en Afrique du Sud
  • La banque en question n’aurait pas averti les autorités compétentes sur cette situation, contrairement aux dispositions légales

C’est le “talk of the town” au plus haut niveau du secteur bancaire mauricien avec une fraude bancaire alléguée de plus de Rs 615 millions qui remonte à surface. En effet, de sources fiables, on apprend que la banque impliquée dans cette « Sumo Saga » aurait fait face depuis juin 2018 à une série de correspondances d’Afrique du Sud en ce qui concerne un potentiel cas de blanchiment d’argent. Cette saga de fraudes de plusieurs millions de rands impliquant deux hommes d’affaires turcs a pris un nouveau tournant lorsqu’une banque mauricienne s’est retrouvée accusée d’avoir aidé dans un cas suspecté de blanchiment d’argent. Les parties lésées soupçonnent que la banque en question aurait été complice de la fraude au détriment d’une compagnie de charbon. Devant cet état de choses, les autorités légales seraient remontées contre la banque en question car elle n’aurait donné aucun avis concernant son implication alléguée dans cette affaire transfrontalière. On évoque dans la foulée des sanctions pour “non compliance” aux lois bancaires en vigueur.

Les allégations portent sur le détournement à Maurice de 250 millions de rands, soit plus de Rs 615 millions, après que les deux Turcs auraient pris le contrôle de la filiale d’une compagnie sud-africaine de charbon en question en destituant d’autres directeurs en tant qu’administrateurs de la société. Le duo turc a d’ailleurs été arrêté l’année dernière et fait face à des accusations de fraude et de falsification.

Les dirigeants de la compagnie impliquée sont étonnés du rôle joué par la banque mauricienne et l’ont accusée de bafouer ses propres cadres réglementaires, comprenant l’ouverture d’un compte d’entreprise en Afrique du Sud.

« Le plus effroyable des actes de cette banque mauricienne est l’ouverture d’un compte bancaire en Afrique du Sud, sur le sol sud-africain, au nom de quelqu’un qu’elle n’a jamais rencontré », a indiqué l’équipe légale de la compagnie de charbon lésée. Selon elle, cette banque commerciale mauricienne aurait autorisé le compte à fonctionner pendant plus d’un an et reçu des dizaines de millions de dollars sans les documents de base de KYC. Elle est aussi d’avis que l’incapacité à agir avec des preuves accablantes de falsification ou du moins à prendre des mesures pour être conforme aux dispositions de la loi « est déconcertante à ce niveau ».

Dans les milieux informés à Maurice, on estime que cette situation, qui est comparée à la “risky exposure” découlant de l’affaire Pabari de la State Bank of Mauritius est « gênante » car la banque en question n’a donné aucun avis aux autorités compétentes en ce qui concerne cette « Sumo Saga ». D’autant plus qu’elle devait légalement informer qu’elle faisait face à ces allégations et était dans l’impératif de s’expliquer. Le fait de n’avoir pas fait part aux autorités qu’elle est dans cette situation controversée constituerait un délit et un avertissement sévère pourrait être émis contre l’institution bancaire.

On laisse entendre que plusieurs agissements de cette banque seraient pointés du doigt, notamment pour “non-compliance” aux protocoles bancaires en place. De sources concordantes, on apprend qu’une liste d’infractions, qui ne sont pas pour autant conséquentes dans les milieux bancaires, est dressée dans une tentative de « put to task » cette banque commerciale pour qu’elle ne se comporte pas comme une « mauvaise élève » dans la conjoncture. Affaire à suivre…