En marge de l’exécution avortée du mandat d’arrêt contre le Directeur des Poursuites publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, Me Anwar Moollan, dont les services ont été retenus par ce dernier, a juré un affidavit détaillant les événements de la matinée d’hier. Tout en affirmant que « we (Me Anwar Moollan et Hervé Duval, Ndlr) are the applicants in the present incidental application », l’homme de loi révèle avoir reçu un appel téléphonique de l’épouse du DPP vers 8 h 30.
Me Urmilla Boolell avait expliqué à Me Moollan que des policiers – comprenant notamment l’assistant surintendant de police Dayal, les inspecteurs Govinden et Goolab, et le caporal Chureetur – se trouvaient devant le portail de sa résidence pour procéder à l’arrestation du DPP. Le délit allégué est « swearing a false an false affidavit against ministers Soodhun and Bhadain ».
Me Moollan est arrivé sur les lieux vers 9 h et avait réclamé de prendre connaissance du mandat d’arrêt. « It was shown from a distance and he could not see who was the Magsitrate who signed the warrant », ajoute-t-il dans l’affidavit. Il avait tenté d’expliquer aux policiers que cet affidavit avait déjà fait l’objet d’un ordre intérimaire de la Cour suprême. « The affidavit was not public and they should not arrest the holder of the constitutional post of DPP as any misbehavior of the DPP ought to be referred to the appropriate Trubunal », lit-on au paragraphe 3 de l’affidavit, les policiers faisant comprendre qu’ils allaient prendre des instructions au plus haut niveau de la hiérarchie.
Entre-temps, Me Moollan devait se mettre en contact téléphonique avec la juge Ah Foon Chui Yew Cheong en vue de l’informer des derniers développements (“state of affairs”) tout en formulant une demande en vue d’un « order that Mr Boolell be brought before her ». Cet échange téléphonique avec la juge est intervenu vers 9 h 10. C’est ce qui ressort de l’ordre, qui a été servi en personne au commissaire de police Mario Nobin à 11 h 15. « There upon being fully aware of the circumstances in which Mr Boolell swore the affidavit in a Chambers case before, I issued a verbal Writ of Habeas Corpus for the Commissioner of Police in person to bring Mr Boolell before in Chambers forthwith », souligne la juge siégeant en référé.
L’affidavit de Me Moollan confirme ce détail en ajoutant ; « Her Ladyship issued an Order over the telephone that Mr Boolell, the Director of Public Prosecutions be brought before her and informed Mr Moolalln that her office would prepare an Order. She asked him to have the relevant papers ready by today to support this oral motion. » En dépit de ces échanges téléphoniques avec la juge, les policiers devaient faire comprendre qu’ils ne pouvaient agir sur un ordre verbal et qu’ils n’avaient d’autre choix que de procéder à l’interpellation de Satyajit Boolell pour l’emmener aux Casernes centrales.
Sur ces entrefaites, Me Hervé Duval était arrivé chez le DPP. Nouvel appel téléphonique de Me Moollan à la juge réitérant la demande pour un Habeas Corpus, notamment : « An order from the Honourable Judge that Mr Boolell be taken to her Ladyship by Mr Duval. Her Ladyship acceded to that request and Mr Moollan confirmed the police of that fact. » Me Duval a été en mesure de tromper la vigilance des policiers pour faire sortir le DPP et son épouse par une autre porte afin de se rendre en Cour suprême.
Au paragraphe 10 de l’affidavit, Me Boolell avance : « The police then informed Mr Moollan that they would proceed to arrest Mr Duval and himself for obstructing them in the arrest of the DPP. Mr Moollan explained that he had asked for an order of the Judge and he would answer to the Judge. Mr Moollan then proceed to meet Mr Duval and Mr and Mrs Boolell in Court No 5. » De son côté, le commissaire de police a fait émettre un communiqué en fin de journée hier à l’effet qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été lancé contre Mes Duval et Moollan. Mario Nobin a réitéré ce fait en fin de matinée à la sortie de la Cour suprême. « Des nouvelles non fondées circulent à l’effet que la police avait l’intention d’arrêter Me Hervé Duval et Me Anwar Moollan. La police souhaite apporter les précisions suivantes dans l’intérêt public. Ces nouvelles se fondent sur des prétendus mandats d’arrêt qu’aurait obtenus la police à leur égard. La police dément formellement avoir eu l’intention d’arrêter Me Hervé Duval et Me Anwar Moollan. Elle précise par ailleurs qu’aucun mandat d’arrêt n’a été lancé à cet effet », note la correspondance émanant des Casernes centrales.