Des clients du Super Cash Back Gold (SCBG) se sont réunis hier pour passer en revue les derniers développements concernant le remboursement de leurs investissements. Salim Muthy, leur porte-parole, a déploré le fait que des décisions ont été prises sans consulter les parties concernées. Il estime que les clients ont été induits en erreur car, dans un premier temps, le gouvernement avait donné l’assurance que l’on ne toucherait pas au bonus. De même, les clients s’interrogent sur la viabilité de leurs placements à la National Property Fund Ltd. Une action légale est envisagée en ce sens.
Me Rama Valayden, dont l’expertise a été sollicitée par les clients du SCBG, était présent à la réunion d’hier. Il est assisté de l’avoué Kaviraj Bokhoree et de l’avocat Anoop Dussoye. D’autres hommes de loi pourraient apporter leur collaboration à cette cause. Les clients de l’ex-BAI étaient venus en grand nombre à la rencontre d’hier. Leur porte-parole, Salim Muthy déclare que « nous allons voir de quelle façon nous pouvons entreprendre une action légale car les droits des clients ont été bafoués ».
Celui-ci a été très critique envers le ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain. Il estime que des décisions ont été prises concernant le remboursement sans que les parties concernées ne soient consultées. « Nous comprenons parfaitement que le gouvernement n’a pas d’argent. Les clients étaient prêts à faire certaines concessions, mais là, ils sont devant des faits accomplis ».
Ces mesures concernent le remboursement de ceux ayant investi plus de Rs 1 million au SCBG. Selon les formules proposées par le gouvernement, les clients peuvent toucher leur capital, sans bonus, à hauteur de 20 % jusqu’en 2020. Ou alors, ils peuvent toucher 75 % du capital, incluant le bonus, en deux tranches. La première partie sera versée au client, tandis que la deuxième partie sera investie sous forme de Redeemable Preference Share à la National Property Fund Ltd.
Mais ces options sont loin de satisfaire les clients qui ont préféré faire appel à un homme de loi pour y voir plus clair. Me Rama Valayden et son équipe étudient le dossier en vue d’initier une action en cour. Une nouvelle réunion est prévue ce vendredi. Selon les indications, les clients pourraient porter plainte pour « Deprivation of Property ».
Selon Salim Muthy, les clients du SCBG ont été induits en erreur car « le gouvernement avait donné l’assurance qu’on n’allait pas couper le bonus ». Qui plus est, estime-t-il, avec les formules proposées, « certains auront même à rembourser des sommes ». Qui plus est, les clients de la SCBG ont de grandes interrogations concernant leurs investissements à la NPFL. « Si on avait placé l’argent dans une institution profitable comme la State Bank ou la SICOM il y aurait eu plus d’assurance ».
Une marche pacifique est prévue mercredi prochain à Port-Louis. Le même jour une lettre des clients du SCBG sera remise au Premier ministre. Dans ce contexte, une grève de la faim n’est pas à écarter.
Par ailleurs, Salim Muthy annonce que des clients étrangers du SCBG se sont également manifestés. « Il y a quatre Français, deux Italiens et un Malgache qui ont pris contact avec nous. Apparemment, ils ne sont pas sur la liste des priorités pour le remboursement. Ils se demandent pourquoi il y a une politique de deux poids deux mesures, alors que certains sont des investisseurs et d’autres ont même la nationalité mauricienne ».