“Nou pou fer kiksoz pou sa bane viktim Super Cash Back Gold. Nous pa pou laisse dimoun mort. Si par malsans enn dimoun mort, nou pou bizin desane lot terrain. Si nou pa aret sa gouvernement-là, demain li pou trop tard pou nou”: sévère mise en garde du leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, lors d’un congrès à Flacq, vendredi soir. Durant son intervention, l’ex-Premier ministre n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement concernant son fonctionnement. Pour lui, une fois le PTr revenu au pouvoir, il ne suivra le système actuel.
Devant ses partisans, Navin Ramgoolam a vivement critiqué le gouvernement d’avoir démantelé le groupe BAI par pure vengeance politique. Une vengeance qui, selon lui, a mis en péril les clients du SCBG et de Bramer Asset Management. “Enn de sa bann grévistes là enkor ena la terre dan so zong. Line ramass mass pu so lenterman ek enn maryaz”, a-t-il dit. De plus, il regrette que l’un grévistes n’a plus un sou après avoir investi son argent dans un fonds de la BAI après un accident. Pour le leader du PTr, le gouvernement “a fait du asset stripping et de l’expropriation avec la famille Rawat.” Navin Ramgoolam a déclaré que la fermeture graduelle des compagnies de la BAI a bloqué l’argent des clients. L’ex-PM a ajouté que les voitures antiques de Dawood Rawat ont été vendues à des prix fort inférieurs. Pour lui, une voiture antique coûte dans la fourchette de Rs 30 à 40 millions. Au sujet de la vente d’Apollo Bramwell, qui est aussi cité comme un “jewel in the crown”, Navin Ramgoolam trouve inconcevable que cet hôpital n’ait pas été vendu à son prix auquel il était évalué au départ. Les critiques ont aussi plu sur Sattar Hajee Abdoula, assesseur au sein de la commission d’enquête sur la vente des actions de la BAI, qui recevra plusieurs millions avec le travail qu’il a été appelé à faire.
Le leader des Rouges a fustigé le ministre Mentor, Sir Anerood Jugnauth, pour avoir délaissé la population en retirant son argent de la BAI avant son démantèlement. Dans la foulée, il cite les noms de Roshi Bhadain, Pravind Jugnauth et Yandraduth Googoolye, le No 2 de la Banque de Maurice, d’avoir eux aussi retiré leur argent dans la nuit où le permis d’opération de la Bramer Banking Corporation allait être révoquée. “Ils auraient dû aller en prison pour avoir fait du Insider Trading.” Navin Ramgoolam confirme que Dawood Rawat faisait du 3rd party transaction à 80% dans son groupe. Pour éviter que les entreprises fassent ce type de transaction, il avance avoir apporté les changements nécessaires dans les lois. Selon lui, Dawood Rawat avait réduit son 3rd party à 52%. Cette décision, pour l’ex-PM, était de placer Maurice sur la liste blanche de l’OCDE.
Le leader des Rouges a égratigné le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui selon lui n’a pas les ressources nécessaires lorsqu’il répond les questions au Parlement. Dans la foulée, il a également fustigé la Speaker de l’Assemblée nationale, Maya Hanoomanjee, qui se lève pour calmer les parlementaires et ainsi évite au Premier ministre de répondre aux questions des l’opposition. Au sujet de la présentation du budget, Navin Ramgoolam s’interroge sur le lien qu’elle pourrait avoir avec la fermeture du Parlement pendant trois semaines. “Le titre de Premier ministre rime avec ses responsabilités”, a-t-il dit. Pour lui, un PM doit posséder les aptitudes nécessaires pour diriger le pays. Il met au défi Pravind Jugnauth de pouvoir répondre aux questions à l’Assemblée nationale après la présentation du budget. “Pendant quatre heures, j’ai répondu à toutes les questions tombant sous mon ministère. Nous allons voir si Pravind Jugnauth pourra le faire”, a-t-il ajouté. Le fonctionnement du gouvernement pour l’ancien PM ne favorise pas la démocratisation de l’économie. “Lorsque nous serons au pouvoir, nous devons nous séparer de leur système”, a-t-il laissé entendre. “ Bizin aret travay souval manze.”
Il n’a également pas épargné la Mauritius Revenue Authority. “MRA pu ferme avek moi”, a-t-il dit, demandant à certains cadres de bien se tenir lorsqu’il sera à nouveau au pouvoir. Navin Ramgoolam regrette ne pas être au Parlement. “Mo ti pou nettoye zot mo ti pou garde”, se référant aux déclarations du ministre Sudhir Sesungkur au sujet des paiements qui auraient été faits à la firme PwC.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam veut suivre l’exemple du nouveau Président français Emmanuel Macron, qui a décidé d’avoir uniquement 20 ministres pour former son cabinet. “Pourquoi avoir 25 ministres pour un petit pays comme Maurice?” Il est d’avis qu’il faut redorer le blason du PTr et donner la place aux jeunes et surtout aux femmes. Navin Ramgoolam le dit haut et fort que le PTr ne fera pas d’alliance pour les prochaines élections de 2019. “Le PTr ira seul et il n’y aura personne qui nous dira quoi faire.”
Les autres membres du parti ont aussi pris la parole. Arvin Boolell se dit prêt à confronter la police. Il a déclaré qu’il sera interrogé under warning suite à sa manifestation devant le Bureau du PM, jeudi. Dhiraj Khamajeet, Anil Bachoo et Osman Mahomed ont également été très critiques envers le gouvernement.