Les licenciés se sont mobilisés devant la Victoria House ce matin pour suivre le déroulement des négociations au ministère du Travail dans l’affaire de suppression d’emploi au sein de l’usine Texto Ltée située à Vallée-des-Prêtres et visant 43 personnes fin mai dernier. L’affaire a été portée devant le ministère du Travail lors d’une première réunion de négociations tripartite, laquelle a été ajournée à mardi prochain.
Semaine agitée pour les 43 licenciés de Texto Ltée. Après une manifestation devant l’usine mardi dernier pour dénoncer leur limogeage, leur représentant syndical, Atma Shanto de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), ainsi que deux ex-employés ont assisté à une réunion tripartite au siège du ministère du Travail. Étaient aussi présents les représentants de l’usine Texto Ltée et leur homme de loi. Le syndicat espérait rencontrer le ministre du Travail par intérim, Showkutally Soodhun – qui remplace Soodesh Callichurn, actuellement en déplacement en Suisse pour une conférence du BIT –, mais c’est un haut cadre du ministère qui a finalement présidé cette première réunion à la Victoria House.
Le 29 mai dernier, la direction de l’usine Texto a remis à certains de ses employés leur feuille de route dans le cadre d’un exercice de réduction de son personnel, invoquant la crise économique et un « shortage of orders ». Les critères ayant été pris en considération pour effectuer cette opération de dégraissage étaient l’âge, la performance ainsi que le nombre de jours d’absence.
Dans un témoignage au Mauricien ce matin, les employés licenciés, pour la plupart des femmes, expliquent qu’elles ont accueilli la nouvelle avec stupeur le 29 avril dernier. « Nous ne doutions de rien. Nous avons travaillé ce jour-là comme à notre habitude et ce n’est que quelques minutes avant notre départ pour la maison que nous avons reçu notre lettre de mise à pied avec effet immédiat », relate Vidya, âgée de 62 ans et qui compte 19 ans au sein de cette usine. Alors que certains parlent de « véritable choc », d’autres affirment ne pas comprendre les raisons de leur limogeage, comptant neuf années de service au sein de l’usine pour l’une d’entre elles. Visiblement inquiets, ces anciens employés veulent être indemnisés. « Nou pas le la guerre nou. Nous réclamons tout simplement notre dû », disent-ils.
Pour le syndicat, qui estime que le licenciement à l’usine Texto Ltée ne serait pas en conformité avec les lois du Travail – argument contesté par la direction –, les propositions à ce stade s’établissent comme suit : indemnisation équivalente à deux mois par année de service, remboursement des local et sick leaves restants, ainsi que le paiement du boni de fin d’année.  Selon nos renseignements, les représentants de l’usine Texto Ltée ont fait comprendre ce matin qu’ils allaient porter les propositions devant la direction de l’usine en vue d’être étudiées et qu’elle fasse connaître sa position. D’où le but du second round des négociations prévu mardi prochain au ministère du Travail.