Les proches de Leela Devi Dookun-Luchoomun, ancienne ministre de la Sécurité sociale, ses camarades au sein du MSM et sur l’échiquier politique et tous ceux qui la connaissent sont véritablement en état de choc. Dès qu’ils ont appris la nouvelle de ce grave accident, survenu vers 16 h le long de la Phoenix/Beaux-Songes Link Road fraîchement inaugurée, à hauteur du J&J Auditorium, ils ont accouru à l’Intensive Care Unit (ICU) du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC) pour prendre de ses nouvelles. Un premier constat de l’état de la voiture, une Toyota de couleur noire, immatriculée 4495 OC 04 fait frémir même les plus téméraires.
Grièvement blessée à la tête par des barres en métal constituant le parapet en bordure de route, la colistière du leader du MSM a subi une longue et délicate intervention chirurgicale au PMOC à partir de 21 heures, hier. À 23 heures 30, elle était encore sur la table d’opération. Les neurologues concernés, les Dr Modun et Boodhoo, qui ont pratiqué l’intervention, tout en ne dissimulant pas le fait que les prochaines 48 heures seront déterminantes, se montrent optimistes quant aux chances de récupération de Leela Devi Dookun-Luchoomun après ce violent accident de la route.
À ce stade, très peu d’indications sont disponibles quant aux circonstances de ce premier grave accident enregistré sur la Phoenix/Beaux-Songes Link Road. Un des premiers constats des experts de la police est que l’airbag de la voiture accidentée ne s’est pas déclenché. Toutefois, l’impact de l’accident sur le parapet et l’état de la voiture font craindre le pire. Les enquêteurs de la police tentent d’établir les circonstances dans lesquelles la voiture de la parlementaire Leela Devi Dookun-Luchoomun a quitté sa gauche pour se déporter vers la droite, arrachant tout ce qui se trouvait sur son passage.
Il devait être vers 16 h et l’ancienne ministre de la Sécurité sociale rentrait chez elle à Mon-Désir, Vacoas, après une journée d’activités politiques au QG du Sun Trust. Les rares témoignages disponibles sur ce qui s’est passé sur la route à hauteur de l’Auditorium J&J, dans les parages de la clinique MedPoint, sont ceux d’un automobiliste, qui venait d’emprunter ce tronçon derrière la voiture conduite par la victime.
Pour des raisons inconnues, la Toyota a quitté sa trajectoire pour aller défoncer le parapet en métal en bordure de route. Impossible d’affirmer si la conductrice a voulu éviter un autre véhicule qui aurait été à la base d’une fausse et subite manoeuvre. Ce témoin allègue qu’un véhicule aurait quitté les lieux de l’accident à vive allure, mais qu’à cause de la distance les séparant, il n’a pu relever sa plaque minéralogique. La police tente de vérifier ce détail particulier.
Pour l’automobiliste, la priorité de l’heure était de porter secours aux occupants présumés de la voiture, qui s’est retrouvée par-dessus les handrails de l’autre côté de la route. En se rapprochant de la Toyota noire, le secouriste s’était préparé au pire. Les barres de métal avaient transpercé le pare-brise, qui avait volé en éclats, pour rejoindre et endommager également la lunette arrière de la voiture. La carrosserie révélait les traces d’un impact violent.
« Kan mo finn arriv près avek loto-la, mo nek trouv enn lame ki pe dimann sekour », raconte ce premier secouriste à ceux venus aux nouvelles après l’opération d’évacuation vers l’hôpital. Leela Devi Dookun-Luchoomun était encore consciente, même si elle avait été grièvement blessée à la tête et au visage par les barres de fer.
Une passante devait apporter son aide à ce premier volontaire pour faire transporter la victime au Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC). En moins d’un quart d’heure, elle avait été admise aux Urgences, et une IRM fut réalisée en vue de confirmer le diagnostic de la gravité de ses blessures à la tête. Malgré les premiers soins prodigués, elle devait quelques temps après sombrer dans l’inconscience, alors que des médecins laissaient entendre en début de soirée que son cas était passé de « serious » à « critical ».
Les proches de la parlementaire de Quartier-Militaire/Moka (N° 8) et des membres du MSM, dont le leader Pravind Jugnauth, et Nando Bodha, qui venaient de participer à une réunion du comité central à Port-Louis, informés de l’accident, devaient rappliquer à l’hôpital. L’expertise des deux neurologues fut sollicitée pour un avis médical plus pointu, et la décision fut prise d’effectuer une intervention chirurgicale d’urgence au niveau de la boîte crânienne à partir de 21 heures hier.
De l’avis des médecins, les 48 heures suivant une telle opération s’avèrent cruciales, avec la patiente placée sous observation médicale suivie. À hier soir, l’état de santé de Leela Devi Dookun-Luchoomun inspirait des inquiétudes, même si aucun médecin n’a voulu s’aventurer à dire si son pronostic vital était engagé.
L’inquiétude, le désarroi et la consternation se lisaient sur le visage des parents, de l’époux, et des camarades du parti de la parlementaire. Le président de la République, sir Anerood Jugnauth, s’est fait un devoir de se tenir informé des développements. Le leader de l’Opposition, Paul Bérenger, qui avait rencontré la députée du MSM à la mi-journée, au cours de la réunion du groupe parlementaire de l’Opposition, suit également de près la situation.
D’ailleurs, en fin de journée, le secrétaire du MMM et Whip de l’Opposition, Rajesh Bhagwan, s’est rendu au PMOC. « Je suis venu rendre une visite de solidarité à une camarade victime d’un accident de la route. Je suis ici au nom du leader du MMM et du parti en général », a-t-il déclaré, alors qu’il était encore sous l’effet du choc de la nouvelle.
Pour sa part, le leader du MSM, visiblement accablé par ce coup du sort, a évité de faire de déclaration de presse à la sortie de l’hôpital. « Je ne suis pas médecin. De ce fait, je ne peux rien dire sur l’état de santé de Leela Devi Dookun-Luchoomun. Ce que je peux souhaiter de tout mon coeur, c’est qu’elle se rétablisse au plus vite », dira-t-il simplement.
Plus loin, dans l’enceinte du Princess Margaret Orthopaedic Centre, une jeune activiste du MSM, Madvi Unjore, semble être fragilisée par l’événement et perdue dans ses pensées. D’habitude, après les réunions du comité central du MSM, elle rentre chez elle en ayant un lift dans la voiture de Leela Devi Dookun-Luchoomun.
Pour la réunion hier, elle n’était pas descendue à Port-Louis car elle n’avait pu se libérer de ses obligations professionnelles. « Je suis extrêmement attristée par cet accident. Pa kone ki pou dir. Vu que j’habite la même région qu’elle, je revenais régulièrement en sa compagnie après les activités du parti. Elle était une conductrice prudente », a-t-elle avoué, en essayant de retenir ses larmes.
De son côté, le président du MSM, Showkutally Soodhun, qui avait fait le déplacement à l’hôpital, entend encore résonner dans sa tête cette phrase de Leela Devi Dookun-Luchoomun, quand elle avait pris congé de lui moins d’une demi-heure avant l’accident, au Sun Trust Building. « Leela dir mwa : « Bhai Showkat, mo allé » », dit-il, en essayant de comprendre ce qui s’est passé sur cette route.
Au cours de la journée d’hier, la colistière de Pravind Jugnauth était arrivée au QG du MSM très tôt le matin, pour une réunion d’organisation d’un congrès prévu pour cette semaine. Puis, elle avait été au point de presse du leader du parti, avant de se rendre à la réunion du groupe parlementaire conjoint MMM/MSM. Elle a ensuite participé à d’autres activités du parti, dont la dernière était la réunion du comité central.