Notre article intitulé « Quand le génie mauricien transforma une Jaguar XJ6  » publié le dimanche 2 avril dernier ne se voulait qu’un modeste hommage rendu à des ouvriers de la firme Taylor Smith pour un exploit technique réalisé en 1972 afin de plaire à Gaëtan Duval, alors ministre des Affaires étrangères et Lord-maire de Port-Louis, et qui tenait tant à ce que la reine Elizabeth II, en visite à Maurice, puisse être vue par les citadins lors de ses déplacements dans la capitale. Mais c’était sans compter aussi avec la passion de nos concitoyens collectionneurs et amateurs de voitures anciennes, les Vintage cars, comme ils les appellent dans leur jargon.
Un des premiers à avoir réagi pour exprimer le grand plaisir qu’il aura éprouvé en prenant connaissance dudit article de réminiscences a été Pierre Rivet, ancien secrétaire de la Chambre d’Agriculture, qui lui-même possède « fièrement », une Jaguar de la série 12.81. Dans une correspondance qu’il nous a adressée, Pierre Rivet affirme que, lors du passage chez nous d’Elizabeth II en avril 1972, “en sus de l’appréciation de British Leyland pour la reconversion en décapotable de la Jaguar XJ6 effectuée par les ouvriers de Taylor Smith, l’île Maurice avait reçu également celle du Scotland Yard qui était responsable de tout le volet sécurité de la reine . En effet, des représentants de cette unité spéciale de la police britannique “avaient été expressément dépêchés sur place pour passer en revue tous les détails relatifs à cette reconversion”.  (Voir en hors-texte la correspondance de Pierre Rivet).
Pour rappel, à l’origine de l’exploit des ouvriers de Taylor Smith, parmi lesquels figuraient Pierre Yves Ramtohul, chef mécanicien, et Sydney Tonta, mécanicien, fut une requête extravagante venant de Gaëtan Duval, alors ministre des Affaires étrangères de Maurice et Lord-maire de Port-Louis. Le leader du PMSD, dont la popularité avait commencé à amorcer une courbe descendante en raison d’une coalition impopulaire avec le Parti travailliste au lendemain des élections générales de 1967, venait de terminer son jogging à Londres quand son regard fut attiré par une voiture exposée dans un showroom. C’était une Jaguar XJ6. Il entra dans le magasin et en passa commande sur-le-champ en indiquant, raconta-t-il, au vendeur de l’envoyer à la municipalité de Port-Louis et d’adresser ensuite la note à la Haute commission de Maurice à Londres. Eh oui ! Au bon vieux temps d’une certaine idée de la bonne gouvernance, c’est ainsi que les choses se passaient. Ce qui contribua d’ailleurs à la révocation, en 1973, des conseillers bleus à la municipalité de Port-Louis à qui leurs alliés travaillistes du moment reprochèrent après, mais très tardivement, leur gestion abusive des deniers publics…