Rouler à tombeau ouvert à bord d’une puissante berline sur une plage publique, avec 121 mg d’alcool dans le sang. C’est l’excès que le patron des casinos Ti-Vegas, le Français Didier Chabaud, 57 ans, s’est permis mardi. Depuis, la polémique n’a fait qu’enfler. Pour cause: la police a libéré Didier Chabaud sur parole le même jour, avant d’être traduit en cour le lendemain, pour s’acquitter du montant de sa caution. Le Directeur des poursuites publiques (DPP), Satyajit Boolell, a réagi promptement en réclamant des explications au commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad. Ce dernier, a appris Week-End, suit l’évolution de l’enquête policière de très près. 
En l’espace de quelques heures mardi, Didier Chabaud est devenu le Talk of the island. Non seulement de par ses frasques, mais aussi de par les photos et les vidéos de sa BMW 650i décapotable revouverte de sable sur la plage de Mon Choisy. Les réactions n’ont pas tardé à suivre, non plus sur le site social Facebook, où un groupe baptisé « Français Didier Chabaud (Casino Ti Vegas) Persona Non Grata in Mauritius » a vu le jour. Au grand dam de parents qui se trouvaient en compagnie de leurs enfants à la plage mardi après-midi, sur une distance de moins d’un kilomètre, Didier Chabaud a lancé sa berline à pleins gaz sur la plage, outrepassant allègrement toutes les consignes de sécurité. A un moment donné, le véhicule s’est retrouvé bloqué dans le sable, ce qui a permis aux personnes présentes de s’attrouper et de dire à Didier Chabaud ce qu’ils pensaient de sa « corrida sur sable »
Mais au lieu de calmer les esprits, selon certains témoins, Didier Chabaud s’est fendu d’un : « Combien coûte un enfant », à une mère de famille qui l’apostrophait relativement au fait que sa fille aurait pu périr sous les roues de la berline. La prompte intervention de la police a permis que les choses ne tournent pas en eau de boudin pour le ressortissant français, qui était accompagné de deux autres personnes. Didier Chabaud a été ensuite soumis à un test d’alcoolémie révélataur à plus d’un titre. Il avait 121 mg d’alcool dans le sang, ce qui bien au-delà du seul toléré. 
Le directeur de Ti-Vegas a ensuite été verbalisé pour conduite en état d’ébriété et aussi pour conduite dangereuse. Mais a été, contre toute attente, libéré sur parole en attendant sa comparution en cour de Mapou, prévue pour le lendemain, soit mercredi. Poursuivi sous une charge provisoire de Dangerous Driving, il a été libéré contre une caution de Rs 10 000 et une Recognizance de Rs 100 000. 
Mais cette affaire est loin d’être terminée. Le DPP, Satyajit Boolell, n’a pas caché son étonnement devant le fait que Didier Chabaud a été autorisé à rentrer chez lui le jour de l’incident. Selon nos renseignements, il a demandé des explications au commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad concernant cet état de choses. Dans le giron du State Law Office (SLO), Week-End a appris que les conclusions de l’enquête policière sont attendus « avec impatience ». Pour sa part, Dhun Iswur Rampersad suit l’évolution de cette enquête de « très près », a-t-on appris, dans son entourage. 
A croire que l’affaire Chabaud n’a fait que décupler l’ardeur des policiers en ce qu’il s’agit des infractions au code la route. Pour cause, en l’espace de 24h, mercredi et jeudi, la police a verbalisé 1 330 automobilistes. Sept d’entre eux ont été justement épinglés pour conduite en état d’ivresse, 228 autres pour excès de vitesse, un pour conduite sans « License », 70 autres pour n’avoir pas produit leur permis de conduire, 60 pour l’absence du port de la ceinture de sécurité, deux pour conduite de véhicules non-assurés et 518 autres pour divers Road Trafic Offences (RTOs). 
Alors que des dispositions policières très précises avaient été prises durant la période des fêtes concernant la route, il ressort, du côté de la Trafic Branch, que la vigilance policière montrée durant cette période perdurera. Les automobilistes devront faire très attention car le commissaire de Police a réitéré une consigne, une seule, à ses proches collaborateurs en fin de semaine: « Zéro tolérance sur les infractions au code de la route. »