La plage publique de Trou aux Biches devrait finalement retrouver son visage d’avant  l’épisode Sungkur. Dans moins d’un mois le Pandit Sungkur et ses frères, gérants du restaurant controversé Rittum Coffee, devront  avoir «lev pake»pour que l’Etat puisse raser le bâtiment existant et rendre cet espace aux parkings d’avant.  Ce, puisque le bail que lui aurait “personnellement” offert son ami Navin Ramgoolam, a été résilié le 24 décembre, selon le ministère des Terres et du Logement. Les nombreuses anomalies du dossier ont permis aux autorités d’agir rapidement en concertation avec la State Law Office (SLO). Par ailleurs,  le dossier a été soumis au ministère du Tourisme en vue d’étudier le permis de restauration du Rittum Coffee, qui, selon le Logement, n’aurait pas eu l’aval obligatoire du Tourisme pour pouvoir opérer.
Au 24 janvier le Rittum Coffee devra ainsi avoir cessé toute opération sur l’ancien parking de la plage de Trou aux Biches et le Pandit Sungkur et les siens devront vider les lieux de cet espace qu’ils occupent depuis l’ouverture du restaurant le 12 mars 2014. Ainsi devrait s’achever cette affaire qui a soulevé la consternation au sein de la population qui s’était indignée du “cadeau” que l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait fait à son copain, le Pandit Sungkur qui s’était retrouvé avec 248m2 d’une des plus belles plages du pays.
Les choses n’ont pas tardé sur ce dossier qui avait été considéré comme une des priorités de l’Alliance Lepep durant la campagne électorale. C’est la semaine dernière que le Pandit Sungkur aurait été informé que son bail a été résilié et qu’il avait tout juste un mois pour vider les lieux. Le ministère des Terres se propose de raser le  Rittum Coffee, de nettoyer le terrain  pour redonner à l’aire de stationnement son allure du  passé. Ce, sans que le propriétaires du Rittum Coffee ne bénéficie d’aucune indemnité, car en infraction avec les clauses de son bail octroyé sous l’ancien régime.
Rasé pour faire place au parking
Outre d’apaiser les colères et frustrations de la population, cette mesure devrait aussi soulager les habitués des lieux confrontés à un sérieux problème de parking depuis que le bâtiment a été construit sur les terres de l’État dans une zone fortement fréquentée.
Il n’a ainsi pas été difficile pour les autorités de résoudre ce problème compte tenu des nombreuses anomalies décelées dans ce dossier. Déjà, si le bail avait été offert au Pandit Sungkur il est a noté que le Rittum Coffee opère sous le nom de U.S. Agochar Ltd – créée en 2012, et dont les directeurs sont trois des frères Sungkur : Soomun, Pragarjeet et Soodhash, ainsi que leur beau-frère Chandrassen Dussoye, de même que deux neveux, Mansing Sungkur et Rohit Seeblall – qui ne disposerait pas, selon le ministère des Terres et Logement, d’un permis adéquat pour la restauration. De même, il a aussi été noté que le bâtiment occupe 40% du terrain tandis que légalement il ne pouvait aller au delà de 20%. Les Sungkur n’auraient également pas respecté d’autres conditions imposées par le Conseil de district de Pamplemousses, dont celle de “leave the place open”. Une toiture a en effet été érigée sur la terrasse. Ce qui a agrandi davantage l’espace du restaurant fait-on ressortir au ministère, où on souligne également que “ce faisant, il ne s’agit plus d’une terrasse en tant que telle, mais plus d’espace restaurant.”  D’où l’”Encroachment notice” qui lui avait été servie, une dizaine de jours après l’ouverture du Rittum Coffee sur la plage de Trou aux Biches. Mais les Sungkur n’ont jusqu’ici, pas apporté les modifications nécessaires. Sollicité à l’époque par Week-End, un des frères Sungkur nous avait laissé entendre que la famille a demandé un délai aux autorités avant d’entamer la démolition de la partie de la terrasse qui dépasse.
Dossier soumis
au ministère du Tourisme pour d’autres actions
“Nous allons faire d’après les règlements, mais nous avons besoin d’un peu de temps. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain”, nous avait expliqué le frère Sungkur. Or, à ce jour, chez les Sungkur, c’est “business as usual”.
D’autres lacunes ont aussi été décelées, mais quand les autorités ont sommé le Pandit Sungkur de se présenter pour s’expliquer sur les anomalies, et lui ordonnant  de détruire une partie de la terrasse du restaurant – il les a envoyés balader. Les différentes convocations qui lui ont été envoyées sont restées sans réponse. La semaine dernière suivant une nouvelle visite sur les lieux les officiers du ministère des Terres et du Logement ont voulu obtenir l’avis du SLO pour connaître la démarche à suivre.
D’autres terrains octroyés à des amis de Ramgoolam dans le collimateur
Le SLO a alors précisé que selon les évidences disponibles des actions pouvaient être prises contre le détenteur du bail. C’est ainsi que son bail a été résilié. Par ailleurs, vendredi, le ministère des Terres et du Logement a soumis le dossier au ministère du Tourisme en vue d’analyser les infractions commises par la famille Sungkur avec l’ouverture de son restaurant, insistant sur le fait que le restaurant, au nom de U.S. Agochar Ltd, ne disposait pas d’un permis de restauration mais d’un permis de General Retail and Victualler. Il a ainsi été recommandé au ministère du Tourisme de résilier le permis du restaurant. Affaire à suivre d’autant que des proches des promoteurs du restaurant affirment que les Sungkur n’écartent pas leur droit de faire appel à la justice…
Parallèlement à cette première attaque, le ministère de Terres et du Logement compte passer à la loupe plus d’une vingtaine de dossiers de terrains de l’État alloués à des proches de l’ancien régime. Le ministre Showkatally Soodhun indique que son ministère est déterminé à mettre de l’ordre sur nos plages, afin que les Mauriciens puissent jouir de ces biens qui appartiennent à tout le pays, et non à des petits copains et despetites copines.