L’on aura bien senti toute la stratégie Google : grignoter des parts de marché, marcher sur les plates-bandes de toute Silicon Valley et casser les monopoles. Les tentatives sont nombreuses, même si elles ne sont pas toujours couronnées de succès. Rappelons les épisodes Android versus iOS, Google+ versus Facebook, Google Chrome versus Firefox. Et maintenant : Google Music qui va tenter de détrôner iTunes… Perspectives.
Alors qu’Apple ouvrait son service d’hébergement de musique en ligne iTunes Match aux consommateurs américains, Google lançait presque simultanément la version finale de Google Music, lui aussi réservé aux seuls citoyens du nouveau continent. Si jusqu’à ce jour, Google Music Beta ne permettait qu’à une poignée d’utilisateurs de stocker de la musique en ligne pour l’écouter sur différents appareils, Google Music devient, dans sa version finale, marchand de musique numérique. Mieux encore : le nouveau terminal s’ouvre aussi à Android.
Voilà donc que les aficionados de Google assistent, non sans émerveillement, à l’éclosion d’un écosystème semblable à iTunes + iPod / iPhone / iPad. Et l’analogie est encore plus évidente lorsqu’on s’attarde sur la grille tarifaire de Google Music de $ 0,99 à  $ 1,29, calquée sur iTunes. Au démarrage, notre dernier venu compte huit millions de titres sur un catalogue alimenté par Sony Music, EMI et Universal. Warner, qui détient toutefois une part de marché estimée entre 10 et 15 %, n’a pas été vendu.
Mais outre ces mammouths de l’industrie du disque, Google peut déjà compter sur un millier de labels indépendants. Enfin, pour aller plus loin, Google Music s’ouvre aussi en direct aux artistes qui pourront héberger leur contenu moyennant 25 dollars de frais par an et une répartition des revenus générés à hauteur de 70 % pour l’artiste et 30 % pour Google.
Google Music se rapproche par ailleurs d’iTunes in the Cloud, avec la mise en disponibilité de chaque morceau acheté sur l’ensemble de vos terminaux, fixes ou mobiles. Google ne fait pas que s’en prendre frontalement à Apple, il en rajoute une couche dans sa guéguerre avec Facebook. Google Music et le récent réseau social Google+ font cause commune. Lorsqu’une personne achète ou écoute un morceau, ses connexions Google+ ont également l’opportunité d’écouter une fois ce titre.